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    TORTEBESSE 

EGLISE  St   PIERRE  et  de  la Nativité de St JEAN BAPTISTE

 

⇒ Cliquez sur les images pour les agrandir

 

Le nom de Tortebesse vient du latin tortus (tordu) et du gaulois bettia (bois de bouleau).

La commune, en partie couverte de belles forêts qui font sa richesse, est à une altitude moyenne de 850 m. C’est à Tortebesse que l’on trouve les premières  jonquilles dans les prairies, dès le début du mois de mars.

Historique

Des fouilles archéologiques, entreprises en 2007, ont révélé le passage sur le territoire communal d’une voie romaine qui se détachait de la « voie aquitanique » (Lyon-Clermont-Limoges-Saintes) pour se diriger vers Bordeaux.

Croix de l’Ordre de Malte.

Au Moyen-Âge, Tortebesse fut d’abord une Commanderie de l’ordre de Malte de la Langue d’Auvergne (c’est à dire de la province d’Auvergne).

En 1189, Wautier, sire de Villemontée (de la maison d’Autier), voulant partir en Terre-Sainte, vendit la seigneurie de Tortebesse aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. En conséquence, dès cette époque, lesdits chevaliers en firent à leur tour un chef-lieu de commanderie de leur ordre. Celle-ci fut qualifiée d’ « hôpital » (c’est à dire lieu assurant l’hospitalité, en particulier aux voyageurs, aux pèlerins et aux malades), selon l’usage de l’époque (1239, 1246) et fut nommée « La sainte maison de l’hôpital de Saint-Jean de Jérusalem de Tortabessa » (1266).
 
Les « membres » (c‘est-à-dire les dépendances) de cette commanderie étaient :

1 – Traslaigues (aujourd’hui Tralaigues) ;

2 – La Forest (aujourd’hui La Forêt, commune de Cisternes La Forêt) ;

3 – Glavent (aujourd’hui Le Glavin, commune d’Olby) ;

4 – La Mazière aux Bons Hommes (Creuse) ;

5 – Coreleys (aujourd’hui Courleix), au bord du Cher, près d’Auzances (Creuse) ;

6 – Lastic ;

7 – Saint Julien Puy la Vèze (aujourd’hui St Julien Puy Lavèze)

8 – Les Martres de Veyre ;

9 – La Peize (commune de Gouttières) et son annexe de Beauffessoux (commune de St Priest des Champs).

Détail d’un coin du clocher. Remarquer la tête sculptée à l’angle côté droit, et la corniche autour de la baie.

Les biens de cette commanderie comprenaient :
— un domaine à Tortebesse (affermé 100 livres en 1698 ; 370 livres en 1765 ; 1100 livres tournois en 1770) ;
— les bois de Saint-Jean-Calixte et du Clergeat, dans les environs de Tortebesse ;
— plusieurs cens et rentes sur Tortebesse, Lastic, Le Droulet, Le Blanchier, Saint-Julien-Puy-la-Vèze, Montsepy, Ribieras, Coussat, Le Malard, Arfeuilholes (Chez Empette), la Vilatte (près de Crocq, Creuse), les Villevaux, Heume-le-Franc, Feydet, etc.
En 1728, l’ensemble des domaines de la commanderie et de ses dépendances était affermé pour 3900 livres tournois.

Il nous est parvenu une liste de bienfaiteurs de la Commanderie, parmi lesquels on peut citer P. Chalvetz, chapelain de Sauvagnat (1239) ; Robert de Bort (1246) ; Guillaume d’Ebbes et sa femme (1245) ; Guillaume de Plagnes (vers 1250) ; Guillaume de Rochedagoux, seigneur dudit lieu (1257) ; Guillaume de Chaslus, chevalier (1257) ; Richard de Chaslus et son frère (1260) ; Albert de Chaslus, chevalier et seigneur de Cisternes (avant 1283) ; Jean, comte de Dreux, seigneur de Montpensier, d’Herment, du Montel de Gelat (1324) ; etc.

La commanderie de Tortebesse avait aussi une chapelle à Chamalière (aujourd’hui Chamalières près de Clermont) en 1658. Elle avait droit de justice haute, moyenne et basse. On montre encore la croix, dite de la justice ( ! ), où s’élevait le gibet avant 1789.

⇒ Pour en savoir plus sur la Commanderie de Tortebesse, consultez le site Internet des Biens Templiers et Hospitaliers des Grands Prieurés en France, dont cette page reprend de nombreux renseignements (sous licence Creative Commons Attribution – Pas de Modification 4.0 International).

Parmi les baillis de Tortebesse (chargés des fonctions administratives et judiciaires), on a gardé mémoire de Jean Textorix, lieutenant de la sénéchaussée d’Auvergne (1573) ; Jean Mangot (1620) ; François Deseymards (1668) ; Antoine Mège (1670-1698) ; Annet Mège (1720-1738) ; Antoine-Marien Mège (1752-1753) ; Jean-Marien Peyronnet (1768) ; Etienne Tardif (1779). Les baillis disparurent à la Révolution, la responsabilité administrative étant transférée aux préfets et aux maires, et la responsabilité judiciaire aux juges, selon le principe de séparation des pouvoirs.

Pendant la Révolution, Étienne Bergheaud, ci-devant curé de St Germain près Herment, refuse de prêter le serment à la Constitution civile du clergé en 1791, et devient donc « prêtre réfractaire ». Il est dénoncé par le prêtre « assermenté » de Bourg Lastic, mais poursuit clandestinement ses activités, ce qui lui vaut d’être condamné à la déportation en 1793, et arrêté. Heureusement pour lui, le vent tourne après la chute de Robespierre (9 thermidor an II = 27 juillet 1794), et il est libéré en 1795. Au lieu de se tenir à carreau comme le commanderait la plus élémentaire prudence, cet homme de foi reprend ses activités clandestines à… Tortebesse, et il est de nouveau recherché, mais grâce à la complicité de ses nouveaux paroissiens, qui l’avertissent par des chants d’oiseaux lorsque s’approche la force publique, il réussit à plusieurs reprises à se cacher in extremis, et donc à échapper à l’arrestation. Le commissaire, pas dupe, déclare avec humour que « les moineaux avaient déniché »… Étienne Bergheaud desservira la paroisse de Tortebesse jusqu’en 1803, puis sera nommé curé de Rochefort Montagne où il décédera en 1807.

A 500 m environ au nord-est de l’église, se trouve une fontaine très ancienne, à construction à plein cintre, dite de Saint-Jean, où des guérisons miraculeuses se seraient produites ; et dans le cimetière, on remarque une belle croix en pierre portant, à sa base, les armoiries du commandeur Raymond de Foudras (1661-1680).

L’église St Pierre et de la Nativité de St Jean-Baptiste

Elle est en style roman, les parties les plus anciennes remontant au XI° siècle. Le clocher a été refait en entier en 1868, avec ajout d’une flèche ; en effet, antérieurement il n’y avait qu’un campanile à deux cloches : l’une de 1685, l’autre de 1713. On voyait, dans l’église, de curieuses tombes aux armes des commandeurs, qu’un curé fit disparaître sous prétexte de réparations. On avait pourtant trouvé, sous l’une d’elles, une épée de chevalier de Malte, des écus d’or à la couronne du temps de Louis XI (deuxième moitié du XV° siècle) et une pièce de même métal frappée aux armes de David de Bourgogne, évêque d’Utrecht  aux Pays Bas (1470).

Le commandeur de Tortebesse nommait à la cure du lieu.

La façade occidentale de l’église actuelle est composée d’un clocher-porche à trois niveaux d’élévation. Le premier niveau est percé d’un portail en arc plein-cintre, surmonté d’un oculus au deuxième niveau ; celui-ci éclaire la tribune intérieure. Le troisième niveau est percé de baies géminées composées d’abat-sons et surmonté d’une flèche polygonale.

Toit en lauzes couvrant les deux versants de la nef.

La nef de l’église est couverte de lauzes (pierres plates), contrairement au clocher qui est couvert d’ardoises, matériau plus léger.

Sous le toit du chevet : des têtes et des formes ; à la limite de l’ombre : un cadran solaire gravé sur une pierre basaltique (voir agrandissement sur la photo ci-contre à droite).

 

 

Agrandissement du cadran solaire.

 

 

 

 

 

 

Chevet à mur plat (face arrière de l’église, côté Est).

 

Des bâtiments annexes (sacristie, chapelle) ont été accolés aux façades Nord et Sud et au niveau du chevet.

La nef est percée de baies en arc plein-cintre. Le mur pignon orienté de la nef est percé d’une baie en arc plein-cintre, surmonté d’un oculus et coiffé d’une croix en pierre.

 

Intérieur de l’église

 

⇐ à gauche : le chœur vu de la nef ;

à droite ⇒ vitrail de style moderne. Le décor central représente les lettres A et M stylisées et entrelacées, abréviation des mots latins « Ave Maria » (traduction : « Je vous salue Marie ») ; les couleurs bleue et rouge sont également celles de la Vierge Marie. En agrandissant la photo et en zoomant, on voit douze étoiles au dessus des lettres AM, illustration du texte de l’Apocalypse de St Jean, chapitre 12, verset 1.

Vierge à l’Enfant.
Statue de St Joseph.
St Blaise, évêque.
Tabernacle et crucifix.

 

Cliquer ici pour en savoir plus sur St Blaise.

 

 

 

 

Autel en bois sculpté : les quatre évangélistes, et la Croix au centre. Cliché pris avant les modifications de 2019.

 

 

 

 

 

 

 

St Pierre, co-patron de cette église
St Jean Baptiste, co-patron de cette église
St Jean Baptiste, vu sous un angle différent.

À propos de St Jean Baptiste : ce saint est inscrit deux fois au calendrier, rare privilège :

Les nouveaux bancs en chêne clair, et la chapelle de gauche.

Les travaux de rénovation dans l’église de Tortebesse

Croix en bois du nouveau chemin de croix, mis en place en 2014

C’est par petites touches que l’édifice se remanie…
Après le chemin de croix, fait de croix stylisées en bois et mis en place en 2014, puis la réfection complète des bancs de chêne clair en 2017, l’intérieur a été réaménagé en 2019 : en particulier, des modifications ont été apportées à l’autel.

Comme dans toutes les églises « autrefois » (c’est à dire avant le concile Vatican II), la position de l’autel obligeait le prêtre à tourner le dos aux fidèles.

L’autel avant 2019, sur son estrade haute de deux marches. Remarquer les cinq panneaux de bois sculpté sur la face avant : la Croix entourée des quatre évangélistes.

Pour répondre à la réforme liturgique de 1965, destinée à améliorer la participation des fidèles aux célébrations, et devant l’impossibilité de déplacer l’autel initial en marbre, un second autel en bois a été fabriqué et mis en place. Son implantation est un peu plus proche de l’assemblée, et il est orienté face aux fidèles.

Sculpture sur bois de l’autel : l’évangéliste Jean, identifié par son aigle.

Le devant de cet autel a été réalisé en récupérant plusieurs boiseries de l’ancienne chaire à prêcher, et en particulier ses panneaux rectangulaires qui représentent les quatre évangélistes : Marc, Luc, Jean, Matthieu, avec un cinquième panneau central, celui de la Croix.
Ce meuble magnifique présentait toutefois l’inconvénient d’être très large, et donc d’occuper une place importante dans le chœur ; de plus, l’ensemble était posé sur une estrade haute de deux marches.

L’autel « rétréci » après modification, posé directement sur le sol.

Les objectifs principaux de la rénovation de 2019 étaient donc :
– de réduire la largeur de cet autel, en le limitant sur l’avant à trois panneaux : la croix toujours au centre, et un seul évangéliste de part et d’autre de celle-ci ; les deux autres évangélistes seraient transférés sur les faces latérales de l’autel ;
– de le poser à même le sol, en l’avançant un peu, pour être encore plus proche des fidèles.

Le nouvel ambon en bois clair.
Proclamation de la Parole de Dieu au nouvel ambon

Une troisième action de rénovation consistait à remplacer l’ambon en métal par un ambon en bois, donnant ainsi à l’ensemble du mobilier liturgique de l’église une grande et belle unité.

L’aménagement s’est terminé par la messe de 11h00 le samedi 14 décembre 2019, qui a marqué l’inauguration officielle des travaux et la bénédiction du nouvel autel.

La messe inaugurale du 14 décembre 2019, célébrée par le P. Couhert, curé de la paroisse. Derrière lui, l’ancien autel en marbre et le tabernacle ; à gauche, la nouvelle croix.
Face latérale de l’autel après les modifications. L’évangéliste St Luc est identifié par le taureau à ses pieds.

 

 

 

 

 

 

 

 

En participant à cette cérémonie, les paroissiens ont découvert les nouveaux agencements de leur église, qui concourent à son embellissement… Ces travaux, réalisés par des artisans locaux de talent, ont été financés par la commune et de généreux donateurs, qu’ils en soient remerciés. Sans la bonne volonté et l’engagement de chacun, y compris les petites mains, rien n’aurait été possible. La dernière phase de cette opération de rénovation sera le changement des bancs de chœur.