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Église vue du chevet

SAINT  OURS

      Église St Ours    

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Le bourg de St Ours (commune de Saint Ours les Roches) est situé à 810 m d’altitude ; la commune, devenue chef-lieu de canton lors du redécoupage électoral de 2015, compte 1689 habitants, appelés les Ursiniens ; la population est en rapide et constante augmentation depuis 1975, du fait de la proximité des agglomérations de Clermont Ferrand et de Riom.

St Ours s’étend en bordure des puys de Côme, Lemptégy, Chopine, Jume et la Coquille, Louchadière, qui barrent à l’Est le pays de Pontgibaud. Ce ne sont pas encore tout à fait les Combrailles.

Parc Vulcania

La commune tire avantage de la présence sur son territoire de plusieurs sites renommés du parc naturel régional des volcans d’Auvergne, dont le puy Chopine et le puy de Lemptégy (visite d’un volcan à ciel ouvert) ainsi que du parc Vulcania, ouvert le 20.02.2002. Beaucoup de touristes français et étrangers se bousculent à la découverte de ces lieux qui permettent de mieux comprendre le volcanisme et les phénomènes connexes. De très nombreux scolaires font de même, sous des formes ludiques et attrayantes.

Blason de St Ours les Roches. Les ailes du moulin sont très reconnaissables.

Le village et son église portent le nom de saint Ours qui, selon la légende, implanta dans la région les premiers moulins, figurant sur les armes de la commune (voir en fin de page plus de détails sur la vie de St Ours). D’ailleurs il y a encore un moulin à roue horizontale au village de Peschadoire-d’en-bas, sur la Sioule ; la visite est guidée et vous découvrirez le moulin à chanvre rénové et l’ancienne presse à huile en attente de restauration (visites sur rendez-vous de 14h à 18h).

Abbaye bénédictine de St Alyre en 1460 – Source gallica.bnf.fr/BnF

Dans le « domaine de Côme », immense propriété rurale et forestière appartenant en grande partie à l’abbaye bénédictine de St Alyre et qui a donné son nom au Puy de Côme, les moines ont fondé au XIII° siècle un prieuré pour leur fournir le bois nécessaire aux besoins de cette grande abbaye clermontoise. Il ne reste aucun vestige  de ce prieuré ; il subsiste par contre de curieuses « pierres signées », ornées de motifs religieux comme des croix ou des crosses d’évêque, qui marquaient, semble-t-il, les bornes d’anciens domaines seigneuriaux ; l’une d’elles est placée sur l’ancien chemin qu’empruntaient les moines pour aller enterrer leurs morts, de la « Fontaine des Pères » à Chanat.

Le château des Roches

L’histoire de St Ours est très étroitement liée à la seigneurie des Roches de Coffins, qui fut propriété pendant près de cinq siècles de la même famille : les Aymé des Roches de Noyant, famille importante d’Auvergne qui donna d’ailleurs son nom à la rue des Aimés à Clermont-Ferrand.

Pierre Aymé, chanoine du chapitre cathédral de Clermont (puis évêque d’Auxerre en 1363), hérita de la terre et du château des Roches de Coffins en 1361, de son oncle, l’éminent prélat Étienne Aldebrand qui fut d’ailleurs inhumé aux Roches de Coffins. Une autre source indique que Pierre Aymé racheta la seigneurie (c’est à dire le titre de seigneur), les terres et la maison-forte (château) des Roches de Coffins à Amédée Dauphin, seigneur de Rochefort et Aurières, pour 2000 livres.

A la mort de Pierre Aymé en 1372, la seigneurie et le château devaient revenir aux moines de l’abbaye de Saint-Alyre. Toutefois Robert Aymé, frère de l’évêque, contesta cette donation et en vint à bout par transaction passée le 24 mars 1381. Les religieux de l’abbaye de Saint-Alyre lui abandonnèrent la terre et le château, à la condition que lui et ses successeurs paieraient au monastère une rente annuelle de quarante septiers de froment (cette mesure varie selon le lieu) ce qui fut observé — non parfois sans querelles judiciaires entre les Aymé et Saint-Alyre — au moins jusqu’en 1484.

En 1689, François Aymé des Roches, seigneur des Roches de Coffins, de Noyant et de Soubrevy, déclarait à propos de son château des Roches « devoir plus que son bien ne vaut ». Était-il très endetté ? ou était-ce une allusion au mauvais état du bâtiment et aux sommes à engager pour le restaurer ?…

Château des Roches, état actuel. Source : site des châteaux jctruffet.com

La terre et le château des Roches de Coffins restèrent sans discontinuer propriétés des Aymé des Roches jusqu’en 1781, où ils furent vendus par Claude Jean-Baptiste Amable Aymé des Roches, comte de Noyant, à Michel-Amable de Reynaud de Montlosier (1712-1789). La famille Aymé des Roches de Noyant s’éteignit en 1863 dans la famille de Thoury en Nivernais, par le mariage de Marie-Antoinette Aymé des Roches de Noyant avec le marquis Eugène de Thoury, qui reprit avec sa postérité le titre de comte de Noyant.

Le château, aujourd’hui propriété privée, est resté dans la descendance des Reynaud de Montlosier.

Le mot « Coffins » utilisé pendant plusieurs siècles pour désigner le lieu des Roches, est une déformation de « confins », qui marque l’éloignement du site par rapport à Clermont : une journée de marche difficile, avec le franchissement du col des Goules, à près de 1000 m d’altitude… c’était vraiment le bout du monde !

Le baptistère : première étape de la vie chrétienne, qui marque l’entrée dans l’Eglise.

L’église

Au cœur du village de Saint Ours, l’église de style roman, construite au XI° siècle, fut modifiée au XIII° siècle. Il s’agissait initialement de la chapelle d’un prieuré clunisien dépendant de l’abbaye de Mozac (dépendance encore confirmée par un acte de 1633). Ce prieuré était géographiquement situé sur le chemin qui longe l’actuelle église de St Ours, du côté opposé à la porte d’entrée.

On devine les deux entrées : à droite, passage par une chapelle ; à gauche, portail avec arc cintré.

Plan : L’édifice orienté (c’est à dire tourné vers l’orient) est construit selon un plan allongé. Il est composé d’une nef de quatre travées aboutissant à un chevet à pans coupés. Deux chapelles flanquent les côtés nord et sud, dessinant un faux-transept. Un bâtiment annexe a été accolé à la chapelle sud.

Clocher percé de quatre baies à arcs brisés avec abat-sons

Élévation extérieure : La façade occidentale est un mur-pignon aveugle. L’entrée se fait par le mur sud de l’édifice, par une porte surmontée d’une baie cintrée. Les murs latéraux sont percés de baies cintrées et épaulés de contreforts.

L’édifice est couvert d’un toit à double pente. Un clocher se dresse au dessus de la croisée du faux-transept. Il est percé de baies à arcs brisés munies d’abat-sons. Ce clocher est couvert d’un toit à quatre pans.

Nef aveugle, vue du chœur vers le fonds où se trouve la tribune. Aucun vitrail ne vient l’éclairer.

Élévation intérieure : La nef de l’édifice est construite sur un unique niveau d’élévation aveugle, hormis la travée percée de la porte d’entrée. Une tribune a été construite au revers de la façade et donne sur la nef ; elle est accessible par un escalier placé contre le mur de façade.

Bénitier, à l’entrée près de la tribune.
Chœur percé de 3 baies. Remarquons les arcs brisés.

Un arc brisé donne accès au chœur depuis la nef. Ce chœur est voûté en ogives et percé de trois baies (deux latérales en plein cintre, une centrale en arc-brisé).

Le faux-transept est croisé en ogives.

À l’intérieur, les nervures des voûtes retombent sur 28 culs de lampe en lave de Volvic, qui figurent des visages de femmes, très expressives et toutes différentes : souriantes ou coléreuses, ce sont surtout des figures de paysannes, de reines couronnées, ou de religieuses.

 

 

 

 

Les laves émaillées

Le maître autel du chœur est en lave émaillée de Jean Jaffeux, artiste riomois.

L’avant de l’autel (photo ci-dessus à gauche) représente la pêche miraculeuse. On voit quatre personnes dans le bateau, dont une qui s’affaire à tirer le filet. À la proue du bateau : Jésus, que l’on reconnaît à son auréole crucifère. L’arrière de l’autel (face qui se trouve devant le prêtre – photo ci-dessus à droite) représente l’Eucharistie : le vin et le pain, et, entre les deux, le poisson ou « ichthus » (du grec ancien ἰχθύς), un des symboles majeurs qu’utilisaient les premiers chrétiens en signe de reconnaissance. Il représentait le Sauveur durant les débuts de l’église primitive. En grec, c’est un acronyme pour « Jésus-Christ, le Fils de Dieu, notre Sauveur ». Sous le poisson on peut voir des épis de blé et des grappes de raisins, matières premières du pain et du vin.

La porte du tabernacle, elle aussi en lave émaillée, représente l’agneau pascal ; une croix repose sur lui.

 

 

Sur les deux faces latérales de l’autel : à gauche, Saint Ours, dans la campagne, au milieu de moutons, de rivières, de collines en forme de dômes volcaniques ; il tient en main le plan d’un moulin ; il est habillé en moine avec une robe de bure. À droite, St Martin qui coupe son manteau avec son épée, pour en offrir la moitié à un pauvre à genoux près de lui.

À gauche, le jardin d’Eden : Adam et Eve se tiennent par la main. Autour d’eux plantes et animaux dans une belle harmonie ; à noter l’absence du serpent… À droite, le monde du travail : usine, cheminée, fumée, nuage de pollution, grue, cargo, avions.

Les vitraux

Si la nef ne possède aucun vitrail, admirons les modernes vitraux du chœur. Ils sont l’œuvre du maître verrier Alain Makaravietz. Cet artiste est aussi l’auteur de vitraux dans la cathédrale de Clermont Ferrand, et d’autres lieux encore. À St Ours, il nous conte l’histoire du salut :

À gauche, de bas en haut :
. Adam et Ève, chassés du paradis terrestre.
. Nativité de Jésus, dans l’étable à Bethléem.
. La Cène et l’institution de l’eucharistie.
. Marie reçoit le corps de son fils, mort sur la croix.
À droite, de bas en haut :
. L’Annonciation à Marie, par l’ange Gabriel.
. Jean baptise Jésus au Jourdain. ; l’Esprit Saint descend sur lui sous la forme d’une colombe.
. Jésus frappé et outragé pendant sa passion.
. La résurrection : Jésus sort vivant du tombeau, libre et vainqueur de la Mort.

Tout en haut : dans un petit vitrail en forme de trèfle (du latin trifolium = à trois feuilles) : la Pentecôte ; l’Esprit Saint descend sur les apôtres, sous forme de langues de feu.

⇐ Vitrail de St Ours : en haut, explication du principe du moulin à eau (on voit l’eau qui coule en entraînant la roue) ; en bas, Ursus, habillé de la robe de bure couverte d’un surplis blanc, prêche la parole de Dieu à diverses personnes, avec deux citations bibliques :

« Que l’homme domine sur la mer, le ciel et toute la terre » (Genèse, 1, 26).

« L’homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de la parole de Dieu » (Matthieu, 1, 4, ce qui est une erreur du maître verrier ; la bonne référence est : Mt, 4, 4).

⇐ Vitrail de la Sainte Vierge Marie

En haut : la Visitation ; Marie (habillée en blanc et bleu, comme à Lourdes) rend visite à sa cousine Élisabeth, dont le vêtement noir suggère le grand âge. Juste en dessous, une citation de la réponse d’Élisabeth : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et béni le fruit de ton sein » (Luc, 1, 42).

En bas : une femme vient de faire compliment de sa mère à Jésus (Heureuse la mère qui t’as porté dans ses entrailles…), et Jésus lui répond par le texte cité en dessous : « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Luc, 11, 28).

Ci-dessus, de gauche à droite, les vitraux des chapelles latérales :

1- Ste Thérèse de l’Enfant Jésus (également appelée Ste Thèrèse de Lisieux) ; elle tient dans ses bras un crucifix et un bouquet de roses.

2- St Joseph portant l’enfant Jésus sur son bras gauche, et le lys (symbole de pureté) dans sa main droite.

3- St Ours dans sa tenue de moine bénédictin : tonsure, robe de bure ; il porte une crosse en forme de houlette de berger, signe qu’il était considéré à l’égal d’un évêque, chargé de veiller sur le troupeau des moines de son monastère ; les éleveurs d’aujourd’hui jugeront sans doute que ce modèle de houlette n’est pas vraiment adapté pour rattraper des ovins… Et, oh surprise, dans sa main gauche St Ours nous présente la maquette d’un moulin… à vent !

4- St Jean-Marie Vianney, le saint curé d’Ars. À sa droite la chaire d’où il prêchait, dans des homélies restées célèbres pour les innombrables conversions qu’elles ont provoquées chez ses auditeurs ; à sa gauche le confessionnal où il passait des heures et des heures à écouter et absoudre les pécheurs, pour les délivrer du Mal.

⇐ À gauche : vitrail de Ste Jeanne d’Arc, humble bergère lorraine qui gardait ses moutons avant d’être appelée par Dieu à inverser le cours de la guerre de Cent Ans.

⇐ À droite : vitrail de la croix fleurie ; curieusement, ce vitrail est aux couleurs de la France : bleu, blanc, rouge, peut-être en signe de réconciliation de l’Église et de l’État après la 1° guerre mondiale.

Vie de Saint Ours, patron de cette église

Selon la tradition, Ours, natif de Cahors, vivait au VI° siècle, au temps d’Alaric II, roi wisigoth d’Aquitaine. Tenté par la vie monastique, il s’en alla en Berry, puis en Touraine. Il s’arrêta à Loches, où il fonda un monastère, et construisit un moulin à eau sur l’Indre. Il confia le monastère, et le moulin de Senevières, à son compagnon Saint Leubais (ou Léobat).

St Ours présentant la maquette de son moulin à eau – Statue dans l’église, St Ours les Roches.

Un grand ami du roi Alaric, le goth Sichlarius, passant à Loches, admira le moulin de l’abbé Ours, et voulut l’acheter.

«Je ne puis, lui dit l’abbé, ni vous le vendre, ni vous le céder, de peur que mes religieux ne meurent de faim. – Si vous me l’aviez cédé de bonne volonté, je vous aurais remercié, dit le goth, mais puisque vous me le refusez, je vais en faire bâtir un au-dessus du vôtre, et je vous priverai du courant d’eau qui l’alimente.»
Et il réussit à le bâtir, au lieu dit « les Brèches de Tranche Mort ».
Mais Ours, ayant ordonné aux moines de tous les monastères qu’il avait fondés, de prier Dieu pour obtenir la ruine de ce moulin, il fut si bien exaucé, que l’Indre détruisit entièrement le moulin du goth. On n’en trouva plus vestige, et Ours écrivit à tous ses moines pour leur annoncer l’heureuse nouvelle.
Considéré avec son compagnon Saint Leubais, comme le protecteur des meuniers, Saint Ours est fêté le 18 juillet (le 27 août à Cahors). À St Ours les Roches, la fête du saint est traditionnellement célébrée le dernier dimanche de juillet.

À Loches, jadis, « le jour de Saint Ours », on descendait un vieux buste du Saint, jusqu’au moulin portant son nom, et les grand pères disaient que le Saint, sans bras ni jambes, remontait tout seul à l’église.
D’autres saints sont également cités comme patrons des meuniers. Ainsi, Saint Victor, officier romain en garnison à Marseille, exécuté en 290, pour avoir renversé une idole de Jupiter. Il aurait été jeté à la mer avec une meule au cou.
Dans le Nord, patrie des moulins à vent, on invoque aussi Sainte Catherine, ou Saint Aubert. Mais Saint Ours et Saint Leubais ont paru mieux comprendre, pour les avoir vécues, les inquiétudes des propriétaires ou des amateurs de moulins. Leur histoire est un peu celle de tous les moulins : construits par des moines, convoités par les seigneurs, ils détiennent à la fois l’eau, source de vie, la force motrice à l’origine de l’industrie médiévale, l’herbe des prés, nourriture des chevaux et des mulets. Les bourgeois en deviendront très vite les heureux possesseurs. Bien avant la Révolution, ils en sont les fermiers, et en tirent de beaux bénéfices. Beaucoup de moulins étant assujettis à la banalité, les tenanciers du seigneur sont forcés d’y venir moudre.
Mais la protection de Saint Ours semble avoir cessé de s’étendre sur eux, après la Révolution : le privilège de banalité est aboli, en même temps que tous les autres privilèges, la nuit du 4 août 1789.

Dans l’église de St Ours, ce saint est bien représenté : deux statues, un vitrail, une face latérale de l’autel en lave émaillée.

La tradition connaît trois autres saints appelés Ours dans l’histoire de l’Église :

– d’une part un soldat de la légion thébaine, martyrisé à Soleure (en Suisse alémanique), à la fin du III° siècle ;

– d’autre part St Ours, évêque de Troyes au début du V° siècle

– et enfin St Ours d’Aoste, prêtre ayant vécu au VI° siècle, peut-être d’origine irlandaise ; Aoste est une ville d’Italie située au pied du Mont Blanc ; aussi ce saint est-il particulièrement honoré dans les Alpes (Savoie, Suisse, Italie).

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