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ST GERMAIN PRÈS HERMENT : pas d’église !

 

Présentation et histoire de la commune

L’occupation du territoire est très ancienne, comme en témoigne la présence d’un dolmen (classé Monument Historique en 1889), près du village de Farges. Ce type de monument est apparu dans le sud de la France au Néolithique (entre 5000 et 2000 avant J.-C. environ). Le dolmen de Farges a malheureusement été partiellement renversé ; il se composait d’une dalle horizontale posée sur trois dalles verticales, qui formaient les parois latérales du dolmen. C’était très probablement un lieu de sépulture collective, ancêtre de nos cimetières ; toutefois, les fouilles récentes n’ont pas permis de retrouver d’ossements, sans doute des pilleurs de tombes sont-ils passés avant…

Ecusson de St Germain près Herment. Le dolmen est figuré avant son renversement…

St Germain n’a pas de centre-bourg. La mairie est assez isolée au « centre de gravité » du territoire communal, près de l’intersection des deux routes départementales (D98 et D565) qui forment un X couvrant la commune ; c’est près de ce carrefour qu’on trouve également le monument au morts, et que se situait l’école primaire (de 1953 à 1988, date de sa fermeture) : tout était en place pour le développement d’un centre-bourg, sauf l’église, qui avait été construite (bien longtemps auparavant) dans le village de St Germain, à mi-chemin entre l’actuelle mairie et le bourg d’Herment ; mais « la mayonnaise n’a pas pris »… cause ou conséquence de la distance entre la mairie et l’église ? Peut-être la commune est-elle trop dominée (en altitude et en importance administrative) par sa haute voisine Herment, ex-chef-lieu de canton ?

La population de St Germain a culminé à presque 400 habitants en 1820, avant de diminuer de manière continue, essentiellement en raison de l’exode rural et de la fermeture des mines ; elle est aujourd’hui stabilisée aux environs de 80 habitants.

Sur le plan économique, les principales ressources sont l’agriculture (en particulier l’élevage bovin), la forêt (Bois de St Germain), le tourisme (étang de Farges), auxquelles s’est récemment ajoutée l’industrie, grâce à la création d’une ZA (zone d’activités) près du village de Chadeaux, à la limite des communes voisines d’Herment et de Sauvagnat. À noter qu’une mine de fluorite a été exploitée jusqu’en 1977, au lieu-dit Le Betz (ou Le Beix), situé à l’extrême sud du territoire de St Germain, et à 2 km à l’est de Lastic ; la dernière année d’exploitation (1977), les galeries de la mine ont atteint une profondeur de 244 m, et 386 tonnes de minerai brut ont été extraites, ce qui donne une idée de l’importance de ce site. Une mine de baryum (sulfate de baryte) fut également exploitée au début du XX° siècle, au village de Montelbrut.

Suite à la création de la ZA de Chadeaux, St Germain près Herment bénéficie d’une reprise économique, depuis l’installation de l’usine de granulés de bois EO2.

Inaugurée en 2013, l’usine de production de granulés de bois de la ZA de Chadeaux poursuit sa croissance, portée par le développement des énergies renouvelables et l’augmentation des ventes de chaudières et poêles à pellets.
Plus importante unité de production du pays, elle fabrique annuellement 80 000 tonnes de granulés de bois, destinés au marché national et européen. La particularité de cette usine est qu’elle se sert de sous-produits issus de la filière bois, tels que plaquettes, rebuts de scierie et sciures non résineuses, pour fournir l’énergie nécessaire au séchage de la sciure de résineux qui compose les granulés. Actuellement, les effectifs sont de 26 personnes, dont 23 sur la chaîne de production. L’automatisation de certaines tâches a libéré du personnel les nuits et les week-ends. Ceci fait partie des investissements réalisés depuis cinq ans aux côtés de ceux, très importants, faits en 2019 avec la construction d’un hangar de stockage de près de 2.500 m² pour abriter jusqu’à 5000 palettes de sacs de pellets. De nouvelles plates-formes ont aussi été aménagées, afin de doubler l’aire d’entreposage de la matière première et des produits connexes pour l’alimentation de la chaudière. Bien implantée dans un large secteur riche en scieries, l’usine EO2 est devenue en peu de temps une entreprise phare du territoire. En produisant un granulé haut de gamme, elle dispose d’atouts sérieux pour continuer son développement.

Autre innovation : la création  d’une  centrale photovoltaïque, qui est l’aboutissement d’un projet initié en 2012, en face de l’usine de fabrication de granulés de bois EO2, sur des terrains occupés précédemment par une décharge et une scierie, en friche depuis des décennies, et non cultivables. Les 16.940 modules de capteurs solaires, de type polycristallin, installés dans un parc clos et sécurisé, représentent à eux seuls une surface de 3,1 ha !

L’église

Oui, il y eut jadis une église à St Germain ! Elle remontait au XIII° siècle et elle avait évidemment Saint Germain comme saint patron ; c’est d’ailleurs sans doute l’église qui a donné son nom au village puis à la commune.

Au XVII° siècle, la paroisse dépendait du prieuré de Bourg Lastic, dépendant lui-même du prieuré de Port-Dieu (situé aujourd’hui en Corrèze, à l’Est d’Ussel, à la limite du Puy de Dôme), prieuré qui dépendait lui-même à son tour de l’abbaye de La Chaise Dieu (aujourd’hui en Haute Loire) ; tous les moines de cette abbaye et de ces prieurés étaient des bénédictins, c’est à dire qu’ils suivaient la Règle de Saint Benoît.

Au XVIII° siècle, l’église était déjà en fort mauvais état, de même d’ailleurs que le presbytère. À la Révolution, elle devint bien national (en application de la Constitution civile du clergé) et fut vendue aux enchères avec le presbytère et une grange, pour 635 livres ; son acquéreur les transforma en habitation. L’église n’a jamais été rachetée ni rebâtie ; plusieurs projets de construction d’une nouvelle église furent pourtant envisagés au XIX° siècle, mais aucun n’aboutit ; on peut supposer que la commune n’était pas assez solide financièrement pour engager semblable dépense… De plus, la collégiale d’Herment n’était pas bien éloignée (4 km depuis la mairie, 2 km à peine depuis l’emplacement de l’ancienne église). Le curé d’Herment se vit donc attribuer en supplément le soin spirituel des ouailles de St Germain (toutefois, les habitants du sud de la commune préféraient aller à l’église de Lastic, plus proche de chez eux). Conséquence indirecte de l’absence d’église : les cérémonies d’obsèques se déroulaient à la collégiale d’Herment, et les défunts étaient donc désormais inhumés au cimetière d’Herment (lequel, par chance, se trouve à la sortie du bourg d’Herment, sur la route de St Germain !). Conclusion : plus d’église, plus de cimetière, plus de presbytère, donc plus de curé.

Ceci nous amène à dire quelques mots du dernier curé de St Germain, l’abbé Etienne Bergheaud. Il perd donc en quelques mois son église, son presbytère et son emploi. Pour couronner le tout, il a refusé de prêter le serment à la Constitution civile du clergé en 1791, et devient donc « prêtre réfractaire ». Il est dénoncé par son confrère le prêtre « assermenté » de Bourg-Lastic, mais poursuit clandestinement ses activités à St Germain, ce qui lui vaut d’être condamné à la déportation en 1793, et arrêté. Fort heureusement pour lui, le vent tourne après la chute de Robespierre (9 thermidor an II = 27 juillet 1794), et il est libéré en 1795. Au lieu de se tenir à carreau comme le commanderait la plus élémentaire prudence, cet homme de foi reprend ses activités clandestines… à Tortebesse. Nous vous renvoyons donc à la page sur Tortebesse pour connaître la suite de ses aventures…

Plusieurs missions furent données à St Germain et au village de Montelbrut (la dernière en 1976). Elles donnèrent lieu à l’érection de croix de mission.

Les retables 

La collégiale d’Herment conserve deux retables sauvés in extremis lors de la désaffectation de l’église de St Germain, avant sa vente aux enchères. Ils sont aujourd’hui encore visibles au fond de cette collégiale, côté Ouest, à gauche du grand escalier de 15 marches.

⇐ Premier retable, assez bien conservé, provenant de l’ex-église de St Germain près Herment. La statue est celle de Saint Germain, patron de cette église ; sa crosse et sa mitre indiquent qu’il était évêque ; on pense qu’il s’agit probablement de l’évêque de Sens et Auxerre (V° siècle, souvent appelé St Germain l’Auxerrois), car quatre autres évêques nommés Germain furent également canonisés (respectivement évêques de Paris, de Normandie, de Besançon et de Capoue près de Naples en Italie).

Le second retable (photo ci-contre à droite), en moins bon état, présente une statue de Notre Dame de Pitié, à laquelle était dédiée une chapelle de l’ex-église de St Germain (il existait une autre chapelle, dédiée à St Germain).

 

Cliquer ici pour en savoir plus sur la commune de St Germain près Herment, sur le dolmen de Farges.