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    PUY  SAINT  GULMIER

Eglise Saint  Gulmier

 

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Situation géographique

Le Puy St Gulmier n’est pas, contrairement à ce que l’on pourrait croire, un simple piton rocheux ; il s’agit en fait d’un imposant plateau volcanique, d’une superficie approximative de cent hectares, de forme ovoïde, aux pourtours escarpés, et en surélévation de cent bons mètres par rapport à la campagne environnante (altitude maximum de ce plateau : 846 m). Cette masse importante sert de chef-lieu à la commune de Puy St Gulmier, qui a la particularité de ne pas avoir de bourg. Il faut savoir que jusqu’à l’ouverture de la route, en 1953, l’accès à la butte était plus que précaire, ce qui, entre autres péripéties, avait amené le conseil municipal de l’époque à construire, en 1930, le cimetière en son lieu actuel, c’est-à-dire au pied de la butte, le chemin ne permettant pas l’accès des véhicules professionnels pour la construction des caveaux.

Au sommet de la butte, en face de l’église, se trouve une table d’orientation. Elle offre une très belle vue sur la chaîne des Dômes, le massif du Sancy et le plateau de Millevaches.

Population

La population, essentiellement agricole à l’origine, évolue peu à peu vers d’autres activités ; elle est disséminée sur une vingtaine de hameaux ou lieux-dits, étalés sur les deux mille hectares du territoire communal. Cette population, qui a culminé à 800 habitants environ au début du XIX° siècle, est actuellement de 156 âmes ; l’évolution du monde agricole  (exode rural après la première guerre mondiale, mécanisation) et la fermeture de la mine de charbon du Cheix (en 1959) ont entraîné une baisse démographique et la désertification. La courbe descendante semble toutefois s’être stabilisée, et laisse même entrevoir un léger redressement.

Les habitants de Puy St Gulmier sont réputés sportifs et se retrouvent au stade de foot communal, il suffit de suivre la pancarte « Stade du PSG ». On aime à penser que l’équipe locale y reçoit parfois sa rivale « Olympique de Massagettes » (en abrégé : OM). Que le meilleur gagne !

Le château-fort

La topographie particulière de la butte a toujours attiré les hommes, au fil des âges, puisqu’y ont été édifiés, tour à tour, un château-fort, une église fortifiée, un important bâtiment communal école-mairie, et plus récemment une antenne de téléphonie mobile.

À une altitude de 813 m, le château-fort avait bien des raisons d’être au sommet de la butte : domination, surveillance des environs, place imprenable (d’ailleurs, elle n’a jamais été prise, ni par les anglais et leurs affidés pendant la guerre de Cent Ans, ni par les protestants pendant les guerres de religions). Comme toutes les places fortes situées sur une éminence, elle avait un point faible : le ravitaillement en eau ; nous verrons que ce problème fut résolu… dans l’église.

À l’époque médiévale, ce château se composait de quatre tours placées aux angles du corps de logis, et d’une petite tour centrale servant d’escalier. Il fut détruit par un incendie en 1604, puis le donjon s’écroula en 1689 ; vers 1860 il ne restait qu’une tour en ruine, avec un corps de logis en très mauvais état.
La seigneurie resta aux De Chaslus (ou De Chalus) du XII° au XIV° siècle ; cette famille tirait son nom du château de Chalus, sur le puy de Chalus, dans la commune voisine de Combrailles (ce château fut démantelé après les guerres de religion). En 1513, Louise de Chaslus, dame du Puy-Saint-Gulmier, épousa Jean de Bosredon, baron d’Herment ; leurs descendants se succédèrent jusqu’à la Révolution.
Gabriel-Annet de Bosredon, marquis de Puy Saint Gulmier, fut le dernier sénéchal de Clermont-Ferrand ; il présida l’assemblée de la noblesse d’Auvergne en 1789.

Histoire

L’occupation humaine du secteur est probablement très ancienne, comme en témoigne le proche dolmen du moulin des Brousses (dans la commune de Saint Étienne des Champs) qui domine les gorges du Sioulet.
En 1857, des cultivateurs ont trouvé, près du hameau de Neuvialle, sept médailles gauloises en or, deux médailles d’argent, une monnaie consulaire et un quinaire de l’Empereur Majorien.
Près du village du Four a été découvert un four à tuiles à rebords (1957).
Des tronçons de voie romaine ont également été répertoriés près des villages des Pauzes et du Four.

Aujourd’hui encore, pendant des labours plus ou moins profonds, ou suite au remembrement et à la modification des chemins, les cultivateurs trouvent des tessons d’argile, de poteries, des bords de pots, des lèvres de jatte, dans les villages. Ces découvertes, souvent fortuites, n’attirent plus trop l’attention, car nombreuses, mais elles permettent aux historiens de dire que le paysage était occupé aux époques romaine et médiévale.

Richesse du sous-sol

Le gîte filonnien (filon = très petite dimension, comme un fil…) de Puy St Gulmier est à cheval sur les communes de Sauvagnat et de Puy St Gulmier, situé dans le grand sillon houiller au Nord de Messeix, fortement bouleversé et faillé. Il est essentiellement connu pour la houille que l’on y a extraite (mine du Cheix), mais aussi pour les magnifiques fluorines bleu foncé, renommées dans le milieu minéralogique. Outre la mine de charbon du Cheix, on a dénombré trois sites d’exploitation de la fluorine :

Historique de ces mines de fluorine
Mine de Bisage : premiers travaux entre 1917 et 1924 par M. Giraudon, puis poursuite par M. Barlet-Langeac en 1925-1926 : l’exploitation s’est faite sans grande ampleur car il s’agissait de petits filons.
Le Four : exploitation par la « Fluorine Française » en 1929-30 ; deux puits de 35 et 46 mètres avec un descenderie (galerie ou puits incliné) ont été forés. En 1972, la Société d’entreprises et de carrières de l’Estérel (SECME) effectue des travaux de reconnaissance, qui ne confirment pas que les réserves soient suffisantes pour rentabiliser une nouvelle exploitation.
La Rochette : Reconnaissance par la Société d’entreprises et de carrières de l’Estérel (SECME) en 1976 ; trois filons sont mis en évidence, mais les travaux ne se poursuivent pas car les habitations sont trop proches.
1980 marque le renoncement définitif à l’exploitation minière.

Minéraux :

Fluorine. Bisage (collection airbus78).
Fluorine (collection airbus78)
Fluorine (collection airbus78).

 

 

 

Fluorine violette (Photo Rémi Bornet)

 

 

 

 

 

 

 

Fluorine jaune. Bisage (collection Ferme de l’orme).

 

 

 

 

Cubes de fluorine bleue. Le Four (webmineral63).

 

 

 

 

 

 

 

Fluorine sur quartz. Bisage (collection Ferme de l’Orme)

Site de Bisage : fluorine en cubes bien définis, ou en octaèdres de type « pyramide aztèque » ; les couleurs sont violet, incolore, bleu ciel avec parfois des « fantômes » violets. La taille est centimétrique et le quartz est très présent ; parfois il recouvre la fluorine.

Fluorine jaune paille. Le Four (webmineral63).

 

Site de La Rochette : fluorine en cubes jaunes paille jusqu’à 3 cm. Ils sont souvent givrés dans le centre et sont implantés sur du quartz blanc ⇒

Site du Four : la fluorine est présente en cubes ou octaèdres, les couleurs sont celles de Bisage mais cette mine a aussi fourni de célèbres cristaux bleu gitane ou bleu de prusse, et des pièces jaunes, vertes, roses pâles. En association, on trouve du quartz, de la barytine et quelques mouches de chalcopyrite.

 

Chœur de l’église, avec l’autel.

L’église Saint Gulmier

Succédant à la chapelle du château féodal de la baronnie de Puy Saint Gulmier, la construction du bâtiment débuta au XII° siècle autour du chœur.

En 1148, l’église était placée sous le lointain patronage de la prieure de l’abbaye casadéenne de Comps-Lavaudieu (aujourd’hui en Haute-Loire, près de Brioude), et dépendait plus directement du prieuré conventuel de moniales « Saint-Genès », situé à St Hilaire les Monges. Une bulle papale de Lucius III, datant de 1182, accordant la protection pontificale au prieuré St Genès, faisait d’ailleurs mention de l’église de Puy St Gulmier.

Clocher terrasse, avec son escalier d’accès, et vue extérieure du chœur à chevet plat.
Clocher terrasse, avec ses baies géminées munies d’abats-sons.

Un clocher terrasse (rare en Auvergne !) est ajouté au XIX° siècle, ainsi que deux chapelles latérales attenantes au chœur, afin d’accompagner l’évolution démographique due au développement des activités minières.

 

 

 

Puits derrière une grille de protection en fer forgé, sur laquelle on peut lire : Pureté et Dévotion. A l’intérieur, on peut voir les fonts baptismaux.

L’église présente la particularité, surprenante en Auvergne, d’avoir un puits situé… dans la nef ! ⇒ 

Chapelle de gauche
Chapelle de droite

 

 

 

 

 

 

 

 

Construite selon un plan allongé et orienté, l’église se compose d’une nef à un vaisseau et à trois travées, d’un chœur semi-circulaire et de chapelles accolées. La nef se termine par un chevet plat.

Portail d’entrée (façade sud).
Imposte au dessus du portail (agrandissement de la photo ci-contre). Remarquer le contraste entre la croix en basalte et les pierres en granit.

Élévation extérieure: L’accès à l’église se fait par un portail en plein cintre, sur la façade Sud. Le clocher se trouve à l’est de l’édifice. Il s’agit d’une structure carrée avec un toit-terrasse, surmonté d’une croix celtique en fer forgé. La toiture de l’édifice est à double pente, la couverture en lauzes (couverture restaurée en 2019). Les murs latéraux sont percés de baies en plein cintre.

Nef de l’église.

Élévation intérieure : L’élévation est sur un niveau et le voûtement est en berceau ⇒

Rénovation
La municipalité de Puy-Saint-Gulmier a confié au cabinet LDBS, spécialisé dans l’architecture du patrimoine, le diagnostic prévisionnel des travaux de sauvegarde à effectuer, afin de porter un projet respectueux du lieu et de son histoire.

Inauguration solennelle le 29 juin 2019.

Ainsi les travaux, débutés en 2018 sous la conduite de l’architecte Benjamin Strub, ont consisté en la réfection de la toiture en lauze, consolidation de la charpente, étanchéité, ravalement de la façade, sauvegarde des vitraux existants et installation de nouveaux vitraux (voir ci-après). Le chantier a pris fin en avril 2019, et le bâtiment rénové a été inauguré le samedi 29 juin 2019.

Statuaire de l’église

L’archange St Michel terrassant le dragon
St Roch et son chien
Jésus enfant, avec des raisins et des épis sur le bras gauche

 

 

 

 

 

 

 

 

⇐ St Pierre, tenant à la main la clef du Paradis (statue placée dans la chapelle de gauche).

Dans la chapelle de droite, statue de la Piéta : Vierge Marie recevant le corps de son fils Jésus mort sur la croix ⇒

 

⇐ Ci-contre une statue d’un saint non identifié. L’allure et le vêtement du personnage, le grand bâton qu’il tient à la main, font penser à Moïse touchant la Mer Rouge de son bâton de berger pour écarter les eaux et traverser à pied sec ; mais l’église de Puy St Gulmier n’a vraiment aucun lien avec Moïse… En tout cas, il ne s’agit pas de St Gulmier (ou Galmier), qui était un moine, donc tonsuré. Nous remercions par avance toute personne qui pourrait éclaircir ce mystère…

 

Les vitraux

Ces trois vitraux datent de la première moitié du XX° siècle. Celui de droite représente la Sainte Vierge Marie, qui nous montre son Cœur Immaculé. Remarquer au bas du vitrail (en zoomant sur l’image) les lettres A M entrelacées (Ave Maria) et les douze étoiles, allusion au texte de l’Apocalypse de St Jean, chapitre 12, verset 1.

Les deux autres vitraux ont un point commun : une photo de soldat tué pendant la première guerre mondiale. Celui de gauche représente St Joseph, saint patron du soldat Louis-Joseph-Marie Mercier, décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre, tué le 8 juin 1916 à Tracy le Mont dans le département de l’Oise, non loin de la clairière où sera signée l’armistice du 11 novembre 1918 ; celui du centre est plus difficile à identifier, car le prénom du soldat n’a pas été inscrit à côté de sa photo ; le personnage du vitrail tient dans sa main gauche un bâton avec un grelot, il s’agit donc d’un lépreux, peut-être Simon le lépreux (Mt 26, 6), alors que le livre porté dans la main droite nous oriente plutôt vers l’apôtre Simon le zélote. On peut donc supposer que l’artiste a fait une confusion entre les deux Simon, et que le soldat se prénommait Simon.

De nouveaux vitraux, dessinés par le peintre Joël Barbiero et réalisés par l’atelier Clovis Vitrail à Diou (Allier), ont été mis en place à l’occasion des travaux de rénovation de 2018-2019 :

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces vitraux, de facture très moderne, représentent une vision d’artiste des paysages de la région de Puy St Gulmier, ses rochers, ses arbres, son ciel… avec trois images par vitrail, qui peuvent symboliser la permanence de ces paysages alors que les générations se succèdent ; d’ailleurs aucune présence humaine n’apparaît dans ces scènes…

Qui était Saint Gulmier (ou Galmier ou Baldomer) ?
Son nom serait une déformation du nom germanique Waldemar, latinisé en Baldomerus. « Waldemar » se traduit en « célèbre gouverneur » (aujourd’hui, on dirait « Grand Chef » !)

St Gulmier ou Galmier, statue dans l’église de St Galmier (Loire). La tonsure, le tablier de travail et le livre de prières montrent qu’il s’agit d’un moine bénédictin : « Ora et labora ».

Humble serrurier et forgeron, ses vertus firent remarquer Gulmier par l’abbé de Saint-Just de Lyon « comme de l’or caché sous la cendre ». L’archevêque Gandésic l’ordonna sous-diacre ; devenu moine de l’abbaye de St Just, il mourut en 650. Aussitôt, les miracles fleurirent sur sa tombe.
Sa paroisse natale prit le nom de « San Baldomero », ensuite francisé en « St Galmier » (mais les habitants s’appellent toujours les baldomériens) ; la ville est située dans l’actuel département de la Loire, au nord de St Étienne ; elle est aujourd’hui surtout connue pour sa source d’eau minérale « Badoit » : les plus anciens se souviennent encore du slogan publicitaire « et badadi et badadoit, la meilleure eau, c’est la Badoit » !
Le tombeau de St Gulmier devint un but de pèlerinage jusqu’à sa destruction par les huguenots, pendant les guerres de religion (XVI° siècle). Fort heureusement, ses reliques avaient été auparavant translatées (c’est à dire transférées) au monastère de Savigny près de L’Arbresle (dans l’actuel département du Rhône ; ce monastère a été fermé en 1779, probablement par manque de vocations ; il n’en reste que quelques pierres…)

St Gulmier est le saint patron des forgerons et des serruriers. On le fête le 27 février.

 

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