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LANDOGNE

Eglise Saint Pierre

Pèlerinage à St Christophe

⇒  Cliquez sur les images pour les agrandir

 

La commune de Landogne s’étend sur 17,4 km² et compte 237 habitants, appelés les Landogniens et les Landogniennes. Le bourg est à 608 mètres d’altitude ; la Saunade est le principal cours d’eau qui traverse la commune, dans une profonde gorge qui coupe son territoire en deux. Elle se jette dans le Sioulet à Pontaumur.

Crèche de Cracovie (Pologne)

Landogne est bien connu pour son exposition de crèches de Noël, et reçoit de nombreux visiteurs durant cette période, individuels, en famille, en groupes venus par autocars entiers, parfois de fort loin. Des bénévoles se dépensent sans compter pour faire vivre cette heureuse initiative, année après année. Quelques diaporamas réalisés par des visiteurs peuvent être regardés en cherchant les « crèches de Landogne » sur Internet.

⇒ Cliquez ici pour voir l’article sur l’exposition de crèches du 7 au 31 décembre 2019.

Autre événement solidement ancré dans la vie de Landogne, le pèlerinage dédié à St Christophe se déroule le dernier dimanche de juillet.
Il a été créé en 1930 par l’abbé Grange, dernier curé en résidence à Landogne (de 1928 à 1941), en mémoire de la présence d’une relique (un morceau d’os) de St Christophe dans l’église. Il est devenu un rendez-vous annuel incontournable où chacun vient prier et se mettre sous la protection du saint patron des automobilistes, des transporteurs, des voyageurs et autres : Saint Christophe. La statue du saint quitte l’église, sur les épaules de quatre porteurs, avant d’être exposée au pied du perron du château et présentée aux fidèles qui l’attendent. La messe, toujours empreinte de ferveur et de recueillement, dans le cadre magnifique du parc du château, est suivie de la bénédiction des véhicules et des voyageurs.

Durant de très nombreuses années, sept itinéraires de ralliement étaient organisés vers Landogne à l’occasion de la St Christophe. Les automobilistes venaient de Royat, de Riom, de Néris les Bains, d’Évaux les Bains, d’Aubusson, d’Ussel, et de St Nectaire. Sur leurs trajets, les villes et bourgs traversés faisaient l’objet de visites du patrimoine, c’était donc aussi un rallye touristique.

Le château de Viallevelours, posé dans la paisible campagne des Combrailles. Au fond, les cimes enneigées du Puy de Sancy, point culminant du Massif Central (1886 m).

 

Les quatre châteaux de Landogne

Le visiteur qui arrive à Landogne remarque la présence d’un château à l’entrée du bourg : une grande bâtisse du XIX° siècle. Mais il ignore souvent l’existence d’autres demeures seigneuriales dans la commune. Il y en a eu trois, il en reste deux : le château de Saunade et celui de Viallevelours. Le château de Maisonneuve (ou Maison Neuve) a disparu.

1 – Le château de Saunade est une ancienne forteresse du XV° siècle, dont une partie a été restaurée, laissant deviner sa grandeur originelle d’avant la Révolution. Le château a été scindé lors de sa vente, laissant une petite moitié à l’état de ruine tandis que l’autre partie a gardé son cachet, bien remis en valeur par les propriétaires successifs.

Au pied de la colline sur laquelle il est situé, se devineraient encore des ruines, qui seraient (selon le baron De Val en 1825) celles d’un précédent « château », appelé aussi Saunade, détruit par les barbares Cimbres lors d’une invasion des Gaules, 150 ans avant Jésus-Christ. Cette version peut être mise en doute, car les Arvernes n’auraient probablement pas construit une place forte ailleurs que sur une éminence…

Le plus ancien propriétaire connu (en 1491) est le chevalier Antoine de Rochedagoux, seigneur de St-Bauzille, le Cheix, Merle, le Puy du Prat et Saunade. Le château est vendu en 1580 aux Canillac, vassaux du baron d’Herment ; puis le château et la baronnie de Saunade  passent à la famille De Val (ou Deval) en 1729, et y restent jusqu’à la Révolution.

Le château de Saunade a été le premier que tentèrent de détruire les révolutionnaires en Basse-Auvergne. Le 17 mars 1792, quinze cents « factieux », dirigés par un maître de poste du hameau de Neuville, vinrent l’attaquer ; leur but était, après avoir brûlé le château et assassiné les propriétaires, de se répandre vers Giat pour détruire tous les châteaux de cette région.

Uniforme du 8° régiment de dragons en 1791. Image de Steinbeisser, travail personnel, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27496729

Monsieur Hennequin, commandant de la maréchaussée de Pontaumur, averti de leurs sombres desseins, parvint à les calmer pendant quelques jours.
Le baron De Val profita de ce moment de répit pour faire venir des secours de Clermont. Une compagnie de Penthièvre-dragons (renuméroté 8° régiment de dragons), sous les ordres du capitaine Tolques, et les dix brigades de maréchaussée du commandant Bourguillon du Gravier, arrivèrent à Pontaumur le dimanche 19 mars 1792 et allèrent camper à Saunade ; les bandits, qui avaient choisi ce même jour pour mettre leur horrible projet à exécution, furent pris et condamnés à vingt ans de galères.

Ce prompt secours avait sauvé la région ; mais bientôt la position ne fut plus tenable. Le tribunal révolutionnaire d’Aurillac amnistia les factieux du 19 mars. Le Baron de Saunade dut alors émigrer, et passa à l’armée de Condé. Son père, ancien officier de la maison du Roi et plus tard son procureur général en l’élection de Riom, alors âgé de 92 ans, ne voulut pas abandonner son château. Emprisonné, il mourut dans sa geôle et le château fut brûlé.

Partiellement restauré après la Révolution, le château est passé de famille en famille suite à des ventes voire des héritages, pour être depuis le 22 décembre 1989, la propriété des époux Thomas-Dangereux.

2 – Le château de Viallevelours

Il est situé à 1,7 km au nord-ouest du bourg. Construit en 1380, la seigneurie est à Bernard de Prondines. Vers 1400, sa fille Marguerite l’apporte par mariage à Guillaume de Châlus, fils du seigneur de Cordès. En 1427, Amblard de Châlus, seigneur de Viallevelours, épouse Louise de Varvasse. Jusqu’au XVIII° siècle, le château appartient à une branche de la famille de Châlus (Jean de Châlus en 1674 ; sa veuve Françoise de Pannetier en 1689 ; François-Alexandre de Châlus, écuyer, sieur de Viallevelours, en 1693 ; etc…)

Un donjon cylindrique dérasé (à droite de la photo ci-contre) fait l’angle d’une enceinte quadrangulaire. Le logis rectangulaire est sur deux niveaux à deux travées principales, séparées par une travée d’escalier plus étroite. Les fenêtres d’étage sont à appui débordant. Les cheminées sont adossées aux deux pignons. Sauf la porte, le rez-de-chaussée était aveugle. Les fenêtres conservées ont des modénatures du XV° siècle.

Ce château est une demeure privée et ne se visite pas.

3 – Le château du bourg de Landogne

La famille Maignol, dynastie d’hommes de loi (notaires, baillis, juges de paix) et de prêtres et religieux, originaire de Vergheas, est implantée à Landogne depuis au moins le XVI° siècle.

Le château actuel fut construit de 1840 à 1844 par la dernière héritière de cette famille, Marie-Adeline Maignol, et son époux Charles Martinat de Chaumont (décédé en 1866 à Landogne). C’est un bel exemple de château classique édifié sous Louis-Philippe, mais dont l’architecture à la fois sobre et imposante se rapproche de l’époque Louis XIII ; le nombre, la taille et la disposition des fenêtres, les toits pentus et pointus, les mansardes et les cheminées ne sont pas sans évoquer la place des Vosges à Paris, hormis les arcades.

Le château se compose de deux niveaux de sept pièces chacun, dont sept chambres au premier étage, chacune avec un immense cabinet de toilette attenant (à l’époque, c’était un luxe !). On y trouve aussi un troisième niveau de pièces mansardées sous toiture et de belles caves voûtées, avec une réserve d’eau. Le bâtiment comporte pas moins de 64 fenêtres, malgré l’impôt sur les fenêtres (abrogé seulement en 1926). Le parc, en pente douce côté sud, est joliment arboré, doté de trois bassins dont un avec jet d’eau, d’un oratoire, d’un four à pain et d’un cuvier. Une chapelle est actuellement en cours de restauration. L’ancien manoir, bâti au XVI° siècle par la première génération de la famille Maignol, puis reconstruit après un incendie, abrite maintenant l’écurie et sa sellerie.

La façade sud et le parc, photographiés à l’occasion d’un pèlerinage annuel à St Christophe.

Après l’acquisition du domaine en 2006 par les nouveaux propriétaires (Monsieur Nicolas Sabater et Monsieur Gérard Nizet), une association a été créée en 2008 afin de le restaurer. Des animations diverses, tant artisanales que culturelles ou festives, ont pour but de soutenir cette association. Le château est ouvert en juillet et août ainsi qu’à l’occasion des journées du patrimoine.

⇒ En savoir plus sur l’association et le château de Landogne.

 

La paroisse de Landogne

Origine : cette paroisse est une des plus anciennes de la région ; son territoire comprenait à peu près ceux des communes actuelles de Pontaumur et Landogne réunies. Par une bulle de 1115, le pape Pascal II confirmait la donation de l’église aux moines bénédictins de la Charité d’Ébreuil (Allier). Vers 1250, la paroisse s’appelait aussi « Nerdugna ». Vers 1622 , elle fut « Landoigne », et enfin « Landogne » qui veut dire « lande vaseuse » ou « terrain inondé »  ; en effet, certains bas-fonds d’alluvions modernes (surtout situés sur le territoire actuel de la commune de Pontaumur !…) et plusieurs parties de plateaux sont très humides et parfois marécageux, d’où ce nom de Landogne.

Le prieuré : fondé par les bénédictins de l’Abbaye d’Ébreuil, il était situé près de l’église. A la tête de ce couvent était le supérieur, portant le titre de « Prieur-archiprêtre de Saint-Pierre de Landogne », nommé par l’abbé du monastère d’Ébreuil avec l’assentiment de l’évêque de Clermont. Il y eut au moins quinze prêtres, moines bénédictins, qui à tour de rôle desservirent la paroisse. La famille Maignol fournit d’ailleurs plusieurs prieurs-curés, notamment Guillaume Maignol en 1700.

Au XVIII° siècle le prieuré n’existait plus, si l’on s’en rapporte à une liste parue en 1743.

L’église St Pierre de Landogne

L’église, très ancienne puisqu’elle existait déjà au XII° siècle, a subi par la suite de nombreuses modifications.

Les seigneurs de Salmaigne (aujourd’hui Salmagne, lieu-dit proche de Pontaumur) y eurent leur chapelle ; une autre fut construite sur un terrain cédé par la famille Maignol qui l’entretenait et y fit placer à ses frais une grille de fer ; elle était dénommée « chapelle de Notre-Dame », et fit l’objet de grosses réparations en 1783. 

La tour-clocher avec ses trois niveaux d’élévation. La porte d’accès au clocher n’est pas visible ici, elle est sous l’oculus (voir également la photo de titre, en haut de page)

En 1667 fut construit le clocher (qui existe encore), où l’on plaça la cloche dite de « l’Angelus », fondue en 1695, classée monument historique en 1933.

La tour-clocher comporte trois niveaux d’élévation. Le premier niveau est percé d’une porte en plein cintre, soulignée par la bichromie des pierres. Un oculus se trouve au second niveau. Le clocher est ouvert au dernier niveau, sur chaque face, par une baie à colonnette, en plein cintre, munie d’abat-sons. La tour-clocher possède une couverture en pavillon en ardoise, et est surmontée d’une croix.

L’église vue du côté Nord, avec l’abside semi-circulaire à l’Est (à gauche sur la photo) . Remarquons les bâtiments annexes : chapelles ayant appartenu aux seigneurs du lieu. Nous voyons aussi les contreforts.

L’église orientée (c’est à dire tournée vers l’orient) est bâtie selon un plan allongé se terminant par une abside semi circulaire.
Des bâtiments annexes (chapelles, sacristie) flanquent l’édifice au nord et au sud.
La nef est couverte par une toiture en bâtière, tandis que celle de l’abside est en croupe.

L’édifice est conforté et soutenu par des contreforts.

L’accès se fait par la façade sud, où un porche, surmonté d’un fronton, abrite un portail en plein cintre, au niveau de la première travée. Cette façade est par ailleurs percée de trois fenêtres en plein cintre.

L’intérieur de l’église présente plusieurs curiosités : au fond du chœur, une croix de Malte est sculptée dans une pierre du mur ; les colonnes de la nef, dites « colonnes adossées » (c’est-à-dire noyées dans les murs), n’ont pas de socle et reposent directement sur le dallage ; leurs chapiteaux sont très simples ; quant à ceux des quatre colonnes du chœur, ils méritent l’attention du visiteur : les motifs, tous différents, en indiquent l’ancienneté.

En 1864, une balustrade de fonte a été installée devant le chœur, conformément aux dispositions liturgiques de l’époque.

⇐ Cette église comporte une seule nef, se terminant par deux chapelles latérales (l’une au nord et l’autre au sud – voir détails ci-après) qui forment un faux-transept, en avant du chœur.

Noter, au premier plan, le bénitier (daté de 1891), curieusement placé au beau milieu de l’allée centrale, alors que l’habitude, en Auvergne, est plutôt de l’accoler à un mur ou à un pilier.

 

Ci-contre à droite : le chœur, avec l’autel et un ange (en fer forgé peint en blanc, de style Art déco) tenant en main une petite lampe rouge pour indiquer la présence réelle du Seigneur Jésus dans le tabernacle. Remarquer la finesse et l’élégance des détails : la chevelure de l’ange, ses doigts, les plis du coude de son vêtement, son aile en forme de parachute… Admirer également les broderies de la nappe de l’autel (en agrandissant l’image de droite).

Cet ange de fer forgé a été réalisé par un artisan de Landogne, sans doute dans les années 1935-1940, sur un dessin original de l’abbé Grange, curé de la paroisse, probablement inspiré par les peintres Art Déco ; voir par exemple ci-contre « L’ange », peint en 1930 par Erté, exposé au Musée de l’Ermitage à St Pétersbourg.

Sous ces dalles reposent de nombreux défunts. Il était d’usage autrefois d’inhumer certains seigneurs dans les églises, ainsi que des notables locaux. Cette pratique a été strictement encadrée par un édit de Louis XVI du 10 mars 1776, puis interdite par un décret de Napoléon I° du 23 prairial an XII (12 juin 1804).

Ainsi, de 1700 à 1789, il a été relevé cinq membres de la famille des seigneurs de Maisonneuve (chapelle de gauche), six de Viallevelours (chapelle de droite), sept de Salmaigne, quatre de Saunade, six de la famille Maignol (notaires, prêtres….), treize de familles diverses comprenant des chirurgiens, un bailli, etc… ainsi qu’un enfant de deux mois. Quant aux autres habitants, ils étaient enterrés dans le cimetière attenant à l’église.

Ci-contre : la chapelle du côté nord est dédiée à la Vierge Marie ; un « M » est gravé devant l’autel, et le vitrail de cette chapelle, œuvre de Charles Lagaye (vitrailliste installé à Condat en Combrailles), daté et signé par l’auteur, représente la Vierge à l’Enfant. Cette chapelle du nord était autrefois celle des seigneurs de Maisonneuve.

La chapelle du côté sud ⇒ est dite « chapelle du Sacré Cœur » ; le « S » et le « C » apparaissent gravés sur le devant de l’autel. Le vitrail (photo ci-contre), également dû au vitrailliste Charles Lagaye,  nous montre le Cœur Sacré de Jésus. Cette chapelle du sud était autrefois réservée aux seigneurs de Viallevelours.

 

⇐ Ce vitrail , situé en fond d’église derrière l’autel principal, est signé de Champrobert et représente l’apôtre St Pierre, saint patron de l’église de Landogne, reconnaissable à son trousseau de clefs : les clefs du paradis…

 

 

 

Une copie de la statue de Notre Dame d’Orcival est placée sur l’autel de la chapelle du nord. Sa présence tient au fait que, pendant l’épidémie de peste qui décima la région au XVII° siècle, tous les paroissiens de Landogne « firent vœu » d’aller chaque année en pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame d’Orcival, le dimanche qui suit la fête de la Bonne Vierge, si elle les préservait et les délivrait de la peste. Ils furent exaucés. Leur dévotion a perduré, et cette statue a pris place dans l’église pour permettre une dévotion individuelle.

Dans la chapelle du nord se trouve également une statue de Ste Agathe, vierge, martyre en 251. Son nom, d’origine grecque, signifie « bonté ». Elle tient dans sa main droite une palme, symbole de pureté, et dans sa main gauche des tenailles, qui rappellent les tortures qu’elle a endurées pour l’amour de Jésus.

Cette belle jeune fille serait née en Sicile. Le gouverneur de Catane la convoitait mais, malgré l’intervention d’une entremetteuse, il ne parvint pas à la persuader de céder à sa passion. Les bourreaux rivalisèrent de sadisme pour la vaincre. Une seule chose est sûre : elle garda jusqu’à la mort la pureté qu’elle avait vouée au seul Christ. Elle y gagna sa place dans le canon romain de la Prière Eucharistique n° 1, avec  les saintes Félicité et Perpétue, Lucie, Agnès, Cécile et Anastasie.

Au village de Sainte-Agathe (près de Thiers), Marie-Claude Latimier, hagiographe, nous raconte la légende de Sainte Agathe, martyre sicilienne, et nous fait découvrir l’importance de ce personnage qui a inspiré de nombreux artistes à travers les siècles ; son histoire se retrouve aussi sur les vitraux de la cathédrale Notre-Dame de Clermont.

Cette statue représente la Vierge à l’Enfant couronnée, vêtue d’étoffe d’or richement ornementée, qui tient son fils Jésus sur son  bras droit ; sur le bras gauche un chapelet entoure son poignet. Remarquer les plis de son vêtement, qui donnent une impression de mouvement, et comparez avec les trois statues présentées ci-dessous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessus, photo de gauche : trois statues de la Ste Vierge Marie, trésors de l’église protégés derrière une grille. De gauche à droite sur cette photo : une Vierge couronnée en bois doré, une statuette de la Vierge à l’Enfant (agrandie et vue sous deux angles différents, photos de droite) et une Vierge beaucoup plus ancienne, en bois sans peinture.

Culte de St Christophe

Les hagiographes ne nous apprennent rien de bien certain sur sa naissance, les actes de sa vie et son éventuel supplice ; tandis que l’histoire authentique de son culte remplit des pages et des pages…

Statue de St Christophe, le Géant. Il porte sur son dos un frêle enfant tenant dans sa main un globe. Mais le jour de sa fête, il faut pas moins de quatre porteurs vigoureux pour le porter, lui et l’enfant et le globe…

Le Moyen Âge le compta au nombre des quinze bienheureux, gratifiés du titre de « saints auxiliaires ou protecteurs », toujours invoqués efficacement dans les grands dangers. On avait recours à lui, surtout en temps de peste et dans les cas de possession diabolique. Un jour, par la bouche d’un démoniaque, Satan avoua qu’après Marie Mère de miséricorde, le Géant chrétien, ainsi nommait-il notre bienheureux, lui arrachait le plus de victimes.

Témoins des prodiges opérés par sa sainteté, les fidèles aimaient à implorer l’intercession de Christophe. Les églises et les monastères élevés en son honneur en tous points de la chrétienté attestent l’universalité de son culte. Lorsque la dévotion aux saints était florissante, il n’y avait pas de pays, pas de province, pas même de ville, qui ne se glorifiât d’avoir au moins une parcelle des reliques du généreux martyr. Il n’y avait pas d’église qui ne possédât l’image du saint, image bien connue où Christophe est représenté sous les traits d’un géant, portant sur ses robustes épaules le Christ petit enfant, et traversant, un bâton à la main, les eaux d’un fleuve profond. La tradition lui attribue une hauteur de 2,30 mètres !

La légende de Christophe au service de Jésus-Christ

Après avoir longuement cherché, il fit la rencontre d’un saint ermite qui lui annonça le Christ et l’instruisit dans les mystères de la foi. Au baptême, il lui changea son nom païen de « Reprobus », qui signifiait « réprouvé », en celui de Christophore ou Christophe, qui signifie « Porteur du Christ ». Puis il lui dit :

« – Tu veux t’engager au service du Christ, mon Roi ?

– Je le veux.

– Apprends donc que le service de Jésus, mon maître et désormais le tien, consiste dans le jeûne et dans la prière.

– Demandez-moi tout autre chose, saint ermite, car vous savez que je suis incapable de jeûner et que je ne puis pas encore beaucoup prier.

– Eh bien, soit ! tu ne jeûneras pas, et tu ne prieras que très peu, mais à la condition d’exercer la charité envers les hommes pour l’amour de ton Dieu. Je t’établirai auprès d’un fleuve profond, et tu auras le soin de transporter, à travers les eaux du fleuve, les voyageurs qui imploreront ton assistance. »

Icône de St Christophe portant l’Enfant Jésus.

Pendant longtemps, Christophe s’occupa avec zèle de la mission que l’ermite lui avait confiée. Un jour, il rencontra sur le bord de l’eau un jeune enfant qui demanda son aide pour passer de l’autre côté. Le géant chargea la frêle créature sur ses épaules, mais le fardeau, très léger au commencement, allait sans cesse augmentant dans le trajet, en sorte que notre saint n’atteignit qu’avec de grands efforts la rive opposée.

« – Jeune enfant, dit-il en s’allégeant de sa lourde charge, lorsque je t’avais sur mes épaules, il me semblait que je portais le monde entier.

– Ne t’en étonne pas, répliqua le petit voyageur ; tu portais Celui qui porte le monde. »

A ces mots, l’Enfant Jésus disparut, laissant Christophe plongé dans l’admiration.

Telle est la charmante légende de notre saint : sous des apparences fort naïves, elle cache un ensemble d’enseignements élevés.

Saint Christophe, d’abord au service d’un roi puissant et bon, puis ministre de Satan, enfin serviteur de Jésus-Christ, représente l’humanité dans les trois états qu’elle a successivement parcourus : la loi naturelle, la loi diabolique ou idolâtrie, et la loi évangélique.

Considérée en elle-même, la loi naturelle est semblable au roi dont parle la légende ; elle est puissante, elle est bonne. Mais qu’elle est faible, si on la met en présence des mauvais instincts de la nature et des attaques du démon !

L’humanité dominée par les absurdités de l’idolâtrie est vraiment dans la situation de Christophe, pendant la durée de son second service ; elle est l’esclave du diable.

Ayant reçu la loi de l’Évangile, elle devient « christophore » ; elle porte le Christ à travers les adversités de la vie, représentées par le fleuve de la légende.

Prière à Saint Christophe

Accorde-moi, Seigneur, une main ferme et un regard vigilant ; que personne ne soit blessé quand je passe.
Tu as donné la vie, je prie pour qu’aucun de mes actes ne puisse enlever ou endommager ce Don de Toi.
Abrite, Ô Seigneur, ceux qui m’accompagnent, des maux du feu et de toutes les calamités.
Apprends-moi à utiliser ma voiture pour le besoin des autres, et à ne pas manquer, par amour de la vitesse excessive, la beauté du monde, et qu’ainsi, je puisse continuer ma route avec joie et courtoisie.
Saint Christophe, saint patron des voyageurs, protège-moi et conduis-moi en toute sécurité vers ma destination.

Le pays de St Christophe

Drapeau de St Christophe et Niévès

Aussi curieux que cela puisse paraître, St Christophe a donné son nom à un pays ! Il s’agit de St-Christophe-et-Niévès (en anglais St Kitts and Nevis), une fédération de deux petites îles des Antilles, ancienne colonie anglaise devenue indépendante en 1983 mais reconnaissant toujours la reine Elizabeth II comme souveraine. Ce pays est grand comme le département du Val de Marne, mais 25 fois moins peuplé. L’île de St Christophe a été découverte en 1493 par… Christophe Colomb, lors de son second voyage vers les « Indes occidentales » : un grand voyageur ! Les habitants s’appellent les Christophiens.

La chapelle de Laschamps

Le village de Laschamps est situé à cheval sur les communes de Landogne, Pontaumur et Miremont. Il est surtout connu pour ses tuileries et briqueteries, dont l’origine remonte au XIX° siècle, et qui se développèrent dans la première moitié du XX° siècle (152 ouvriers après guerre, répartis entre les usines Mandon et Labasse). Des cités furent construites pour héberger les ouvriers et leurs familles. C’est dans ce contexte de création d’une nouvelle ville que les ouvriers édifièrent une chapelle, située sur le territoire de la commune de Landogne. Aujourd’hui les usines ont fermé et la chapelle n’est plus utilisée.