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HEUME  L’ÉGLISE

   ÉGLISE  STE ANNE

⇒ Cliquez sur les images pour les agrandir.

 

Le village

Au sud du secteur pastoral de Saint Benoît sur Sioulet Volcans, Heume l’Église est une petite commune rurale assez isolée, située entre le plateau des Combrailles et la chaîne volcanique des Monts-Dore, dominée par l’activité agricole. Son altitude est de 940 mètres à la mairie. La population est de 107 habitants, répartie entre le bourg et les différents hameaux de la commune : Les Murets – Les Chabannes – Heume-le-Franc – Peumot – Buzaudon – Le Moulin – Chalusset.

Façade ouest, sous le clocher. Cette face est entièrement aveugle. Admirer l’alternance des couleurs de pierres.

Encadrée par la vallée de la Miouze aux versants forestiers à l’est et l’autoroute A89 à l’ouest, la commune abrite sur ses plateaux bocagers plusieurs villages et hameaux à l’architecture traditionnelle préservée.

Pendant la guerre de Cent Ans, le village fut déserté, la plupart des habitants ayant fui les conflits pour se réfugier dans la riche plaine de Limagne. On ne sait rien du passage des factions rivales dans le secteur pendant les guerres de religion (deuxième moitié du XVI° siècle), ni des éventuelles exactions et destructions que put subir l’église ; toujours est-il que, petit à petit, la population est revenue, pour culminer à 535 personnes pendant la Révolution ; puis elle a été atteinte par l’exode rural et ne dépasse que de peu les 100 âmes de nos jours.

Porte d’entrée latérale de l’église, avec ses voussures en ogives.

Aujourd’hui, le village reste néanmoins bien vivant, animé par des temps de convivialité, et invite à découvrir son église et sa riche statuaire. La population bénéficie des commerces et services des bourgs voisins de Gelles et de Rochefort-Montagne, que l’on rejoint en 10 à 15 minutes en voiture. Les chemins de randonnée offrent aux promeneurs des vues panoramiques exceptionnelles sur les massifs des alentours.

Sur la route, avant d’arriver au village, une petite fontaine indique que l’eau est présente près du sommet d’origine volcanique sur lequel est perché le bourg ; des orgues basaltiques se trouvent vers la falaise en contrebas.

Mais d’où vient le nom de Heume ? En 1260, le village s’appelait Oysme (de Oxama en celte, venant de la racine Ux-o = le plus élevé) ; il est devenu Heume-l’Église pour ne pas le confondre avec Heume-le-Franc. À la Révolution, le mot « église » fut sournoisement banni du vocabulaire, aussi la commune fut-elle provisoirement rebaptisée Heume-la-Montagne. Il est vrai que, pendant la Terreur, si l’on tenait à garder sa tête, mieux valait être du côté des Montagnards que des Girondins ou du Marais…

Un exemple de modillon à figure humaine. Un autre modillon sert maintenant de bénitier.

L’église

L’église Sainte-Anne est ouverte tous les jours. L’Office de Tourisme Terres Dômes Sancy propose également des visites guidées durant la saison estivale.

Cette église a été construite à la fin du XII° siècle. Elle a subi plusieurs transformations de 1859 à nos jours, en particulier l’ancien clocher-peigne et la première travée disparurent en 1859, remplacés par une tour-clocher ; mais la structure du bâtiment est restée la même, avec deux nefs rectangulaires voûtées d’ogives, à chevet plat, séparées par une ligne de trois piliers que l’on voit clairement sur le plan ci-dessus, qui montre bien la situation avant les travaux de 1859 (à gauche), et après ces travaux (à droite).

Plus récemment, au début du XXI° siècle, ont été restaurés le clocher, le toit et la sacristie. La photo ci-contre donne une idée de l’importance de ces travaux.

L’église est de plan rectangulaire, orientée vers l’Est, séparée en deux nefs ; mais elle ne possède pas de chœur à proprement parler, les autels étant plaqués contre les chevets plats.

Nef de droite, autel et retable.
Lancer d’ogives et chapiteaux à feuilles d’eau.

⇐ L’église Sainte-Anne compte 24 chapiteaux « à feuilles d’eau », datés du XII° ou XIII° siècle.

Les voûtes, très visibles sur la photo ci-contre à droite, sont compartimentées par des doubleaux en arc brisé sans mouluration, entre lesquels on a lancé des ogives, qui structurent magnifiquement les volumes.

Nef de gauche, vue du fond vers le faux-chœur.
Les deux faux-chœurs séparés par les piliers.
Nef de gauche, vue du faux chœur vers le fond.

Le mobilier de l’église est très riche, il compte quatorze éléments classés à l’inventaire des Monuments historiques. Parmi les statues les plus remarquables, on peut citer : la Vierge romane en Majesté, en bois taillé peint en polychromie (fin XII° siècle), la statue de Saint Loup en bois polychrome (XV° ou XVI° siècle), le groupe sculpté de Sainte Anne et de sa fille la Sainte Vierge Marie en pierre d’arkose peinte du XV° siècle (l’arkose est une variété de grès).

La statue de la Vierge romane

Notre-Dame d’Heume-l’Église est une Vierge romane en majesté du XII° siècle, qui fait partie des plus belles Vierges romanes auvergnates.
Remarquons sa polychromie à dominante rouge et bleue-verte traditionnelle, ses grandes mains, sa taille et sa posture, sa longue tunique à plis réguliers, l’étole sur les épaules. Comparant ces détails avec d’autres statues de Vierges noires, et malgré la couleur claire des visages de Marie et de Jésus à Heume, certains ont voulu voir en cette statue une Vierge noire, faisant référence à des déesses antiques et/ou païennes antérieures à la religion chrétienne. Hélas, aucune information (même légendaire) sur l’origine et l’histoire de cette statue ne nous est parvenue…

Notre Dame d’Heume l’Eglise, derrière sa vitre de protection.

Notre Dame des Claviers (Vierge romane exposée à l’église de Moussages, dans le Cantal), qui lui ressemble comme une sœur, et qui a très probablement été sculptée à la même époque dans le même atelier, fut retrouvée quant à elle près d’une fontaine ; mais toutes les statues de la Vierge Marie, y compris celle d’Heume-l’Église, font aussi référence à l’eau, puisque le prénom Marie a la même origine que le mot mer : Maris Stella désigne indifféremment Marie l’étoile ou l’étoile de la mer… Et une troisième statue leur ressemble encore : la Vierge Morgan, qui tire son nom de son acquéreur au XIX° siècle, le richissime banquier américain John Pierpont Morgan (1837-1913), celui qui est dessiné sur les billets du jeu de Monopoly…

Le paquebot Titanic avant son naufrage ; photo d’époque.

La « Vierge Morgan » est maintenant conservée au « Metropolitan Museum of Art » de New York. Mais hélas, la « Vierge Morgan » a un rapport particulier avec l’eau, car J.-P. Morgan était aussi le fondateur de la « International Mercantile Marine Company », propriétaire et armateur du paquebot Titanic…

Parmi les autres trésors de l’église Ste Anne, sécurisés comme il se doit, citons : un calice, un ostensoir, un carillon, un ciboire…

Le retable de l’autel de droite

Détail de la partie haute du retable.
Vue d’ensemble du retable. Remarquez les feuilles de vigne et grappes de raisins qui décorent les colonnes (bien visibles en agrandissant l’image).

⇐ Ci-contre le magnifique retable dans le chœur de la nef de droite, avec en détail (photo à droite ⇒)  la partie haute, puis (ci-dessous) le tabernacle entouré de statues à droite et à gauche. Devinez qui sont les personnages représentés ?

Détail des statues à gauche du tabernacle.
Détail des statues à droite du tabernacle.

 

 

 

 

 

Le groupe sculpté Ste Anne et Ste Marie en pierre d’arkose peinte du XV° siècle.

Sainte Anne, mère de la Vierge Marie, est la patronne de Heume l’Église. Son nom signifie : « La Grâce ». Elle est souvent représentée apprenant à lire à sa fille. On la fête le 26 juillet. En France, on connaît plusieurs lieux de pèlerinage à Ste Anne ; le plus important est celui de Sainte-Anne d’Auray, en Bretagne. Elle est aussi la patronne et le modèle des mères de famille. Les habitants de la paroisse se sont mis sous sa protection et à chaque fête patronale ils entonnent le refrain « Sainte Anne, ô bonne mère, à toi nos pieux chants, entends notre prière et bénis tes enfants. »

Autres éléments de la statuaire :

 

 

 

 

 

 

 

 

De gauche à droite : l’évêque St  Loup ; l’évêque St Blaise ; St Jacques le Majeur (celui qui est honoré à St Jacques de Compostelle ; remarquer la coquille St Jacques sur sa coiffure). Ces trois statues sont en bois polychrome.

Concernant St Loup, pas moins de sept évêques appelés « Loup » ont été canonisés ! Tous vécurent dans notre pays entre le V° et le VII° siècle ; ils furent respectivement évêques de Bayeux, Troyes, Chalon sur Saône, Soissons, Lyon, Sens et Limoges. Le plus populaire dans notre région était St Loup de Limoges, mais rien ne dit que c’est bien lui qui est honoré à Heume l’Église… Quant à St Loup de Troyes, il est resté célèbre pour avoir arrêté Attila et l’armée des Huns, par sa prière et ses austérités (comprenons : ses jeûnes).

Deux statues de la Ste Vierge Marie en bois doré :

– à gauche : Marie avec à ses côtés Jésus enfant, tenant en main un rouleau, ce qui montrait aux paroissiens et visiteurs que Jésus savait lire (c’était rare à cette époque…) et que, malgré son jeune âge, il étudiait déjà les textes de la Bible…

– à droite : Marie (remarquer sa chevelure) avec son bébé Jésus dans ses bras ; malgré son jeune âge, celui-ci porte un globe terrestre dans sa main gauche, et bénit les visiteurs avec trois doigts de sa main droite, en référence à la Trinité.

 

De gauche à droite : 

– deux anges

– St Joseph, portant l’Enfant Jésus sur son bras droit, et tenant dans sa main gauche le lys, symbole de pureté.

 

 

La crèche de Noël

L’église d’Heume ne cherche pas à concurrencer l’exposition des crèches de Landogne ! Admirons néanmoins cette jolie crèche bien colorée, réalisée avec beaucoup de patience et de finesse. La Vierge Marie tient en ses bras le bébé Jésus, dont le visage est malheureusement masqué par une guirlande ; St Joseph est à sa droite sur la photo, tenant en main une cape brune, pour protéger le bébé du froid « dès que la réception sera finie » ! Le bœuf et l’âne sont simplement dessinés à l’arrière-plan. On reconnaît les trois rois mages (têtes couronnées) qui offrent leurs présents ; les autres personnages sont probablement des bergers, en particulier celui le plus à droite qui tient une houlette (grande canne pour attraper les moutons par une patte arrière), et celui le plus à gauche qui porte une jarre de lait ; un agneau est visible au premier plan, ce qui est certes normal dans une étable, mais qui peut aussi être interprété comme une annonce de Jésus, agneau de Dieu…