Agenda

Paroisse > Nos églises > Herment

 

HERMENT

COLLEGIALE NOTRE DAME

saint patron : SAINT ROCH

 

⇒ cliquez sur les images pour les agrandir

Allée de tilleuls et d’ormeaux le long de la « promenade des Murs ».
Le monument aux morts, au début de l’allée.

Situation d’Herment : Campé sur sa butte basaltique à 830 m d’altitude, Herment est le premier contrefort volcanique à l’ouest du département du Puy-de-Dôme. Une vue exceptionnelle se développe sur cinq départements depuis la «Promenade des Murs», ancien tracé des remparts médiévaux qui protégeaient le bourg d’Herment, devenu aujourd’hui une jolie balade très appréciée. Majoritairement bordé de tilleuls et d’ormeaux, et agrémenté de quelques bancs propices au repos et à la contemplation, cet itinéraire offre un superbe panorama sur les forêts et les monts environnants. En toile de fond, la chaîne des puys (Monts Dôme), les Monts Dore (massif du Sancy), ceux du Limousin et du Cantal.

Tilleul de Sully, d’un âge de 400 ans ! Il a souffert de la sécheresse de 2019, mais il résiste. Il se trouve près du monument aux morts.

L’arbre du duc de Sully (arbre remarquable classé) : ce tilleul a été planté en 1601 à la demande du duc de Sully, afin de célébrer la naissance du futur Louis XIII, fils du Roi Henri IV. Depuis 2006, il est inscrit à la liste des arbres remarquables d’Auvergne. Il se trouve square du Docteur Roux.

Herment organisait autrefois de nombreuses foires. Elles étaient connues et réservées à la vente de peaux et fourrures, d’où l’appellation de « Pelauds » pour désigner ses habitants. Aujourd’hui ce sont des hermentois et hermentoises ; la commune compte environ 300 habitants, dans le bourg et quelques villages : Les Granges, Villevaux, Chez Denis, La Borderie et Puy Vidal.

Voici le blason d’Herment. On y trouve la lettre h de Herment, et curieusement on y voit une barque… Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle était l’emblème du Gentilhomme Henri Arnauld (trisaïeul des célèbres Arnauld de Port-Royal), gouverneur du château d’Herment. Lui-même élevé dans la Maison des Bourbons, il était très dévoué au Connétable de France.

Origine

Le nom d’Herment viendrait de la racine grecque Heremos : « désert » (que l’on retrouve dans « Hermitage » ou « Ermitage » : lieu où se retire un ermite pour être loin de tout…) ; on le retrouve aussi dans le nom d’une autre commune du Puy de Dôme : St Germain l’Herm, avec la même signification : lieu désertique ou inculte.

Le site exceptionnel de la butte ne pouvait qu’attirer les hommes. On ne s’étonnera donc pas que certains fassent remonter à l’époque celtique l’existence d’un village à l’emplacement du bourg actuel. On n’a cependant retrouvé aucun document historique prouvant l’existence d’Herment avant 1140.

Moyen Âge

En 1140, la construction d’un imposant château-fort est entreprise par Robert III, comte d’Auvergne. Toujours en guerre avec ses vassaux, grand pillard d’églises et de monastères, il veut se bâtir un refuge dans les montagnes, perché comme l’aire de l’oiseau de proie, et il choisit cette butte qui domine la Creuse, la Corrèze et toute la partie occidentale du Puy-de-Dôme.

Sa position géographique lui conférant une grande importance stratégique, une petite ville se développe progressivement autour de ce château ; son importance s’accroît au fil des ans, ce que confirme la grande taille de la collégiale, reflet du nombre de fidèles.

Fontaine médiévale fermée qui subsiste encore ; elle fut construite au XIV° siècle, et à l’époque c’était le seul point d’eau du bourg ; elle avait donc une importance vitale en cas de siège .Elle est située en face de la sortie nord de la collégiale, rue de la Fontaine.

Pour attirer les nouveaux habitants dans le bourg d’Herment, certains privilèges leurs sont accordés, parmi lesquels celui d’avoir des consuls, défenseurs de leurs droits. Durant le Moyen Âge et dans l’espace de six siècles et demi, dix maisons nobles possédèrent successivement Herment. En 1212, la cité fut qualifiée de « chef-lieu de châtellenie », puis à partir du milieu du XIII° siècle, elle devint la capitale de la vaste baronnie à laquelle elle donna son nom. C’est par l’entremise du maréchal de France Héric de Beaujeu, Seigneur d’Herment et de Valromey, que cette terre fut érigée en baronnie, par lettre patente du roi Louis IX (St Louis). En accordant une charte de commune en 1267, il trouva une belle occasion de puiser au passage dans la caisse communale une partie de la somme nécessaire à son voyage vers la Terre sainte… Mais cela permit surtout un accroissement considérable de la population, à tel point qu’il fallut abandonner la première enceinte qui comprenait seulement le château, l’église et la fontaine, et construire de nouvelles murailles qui entouraient la butte jusqu’à sa base. 

Du fait de sa situation avancée dans l’ouest de l’Auvergne et à proximité immédiate de la limite de la Guyenne, la ville a été, pendant la guerre de Cent Ans, conquise et occupée pendant deux ans, de 1367 à 1369, par une bande de routiers (mercenaires à la solde des Anglais). Herment souffrit encore d’une attaque des Anglais en 1370, et Charles V le Sage (roi de France de 1364 à 1380) lui accorda une exemption de taille (la taille était un impôt) pendant cinq ans, pour lui permettre de se relever de ses ruines.

Le château-fort, quant à lui, est pris par les Anglais (qui l’endommagent gravement) en 1383, en 1407, et encore en 1435. Il est réparé et agrandi par les successeurs du comte Robert III, notamment par Hugues et Guillaume de Bosredon, au XV° siècle.

Séjour ordinaire de plusieurs familles nobles et bourgeoises, Herment fut aussi au Moyen-Âge un lieu de prédilection pour les riches propriétaires des alentours, dont les châteaux ornaient la campagne environnante.

L’entretien et la garde des murailles étaient à la charge des habitants. Ceux-ci en échange, étaient dispensés du guet au château seigneurial. Vers 1434-1435, cette enceinte étant mal entretenue, les habitants édifièrent une enceinte plus réduite, pour protéger les seuls quartiers habités.

Pendant les guerres de religion, la ville est prise par les protestants en 1578, puis reprise par les catholiques ; le château-fort est à son tour pris par les religionnaires (c’est à dire les protestants) en 1588, et une nouvelle fois en 1592. C’est alors que le chevalier Gaspard le Loup, seigneur de Préchonnet, grand ligueur (c’est à dire extrémiste catholique), excédé par ces attaques répétées, résout définitivement le problème en détruisant complètement le château par le feu, en 1592. N’ayons pas de regrets, car si cette forteresse avait survécu aux guerres de religion, elle aurait certainement été rasée par Richelieu, trente ans plus tard…

Époque moderne et contemporaine
Pendant la période de la monarchie absolue (de Louis XIII à Louis XVI), à la fin de l’Ancien Régime, Herment perd de son importance. Faute de travail, beaucoup d’hommes émigrent saisonnièrement vers Lyon ou Bordeaux.
Au XIX° siècle, l’émigration s’accentue, les départs perdent leur caractère saisonnier et deviennent définitifs. La ville, sans grand commerce ni industrie, ne peut contenir sa population qui atteint son maximum démographique (620 habitants) en 1836.

Herment aujourd’hui

Actuellement, Herment bénéficie d’une reprise économique grâce à la création de l’usine de granulés de bois EO2.

Inaugurée en 2013, l’usine de production de granulés de bois de la zone d’activités de Chadeau (située géographiquement dans la commune voisine de St Germain près Herment) poursuit sa croissance, portée par le développement des énergies renouvelables et l’augmentation des ventes de chaudières et poêles à pellets.
Plus importante unité de production du pays, elle fabrique annuellement 80 000 tonnes de granulés de bois, destinés au marché national et européen. La particularité de cette usine est qu’elle se sert de sous-produits issus de la filière bois, tels que plaquettes, rebuts de scierie et sciures non résineuses, pour fournir l’énergie nécessaire au séchage de la sciure de résineux qui compose les granulés. Actuellement, les effectifs sont de 26 personnes, dont 23 sur la chaîne de production. L’automatisation de certaines tâches a libéré du personnel les nuits et les week-ends. Ceci fait partie des investissements réalisés depuis cinq ans aux côtés de ceux, très importants, faits en 2019 avec la construction d’un hangar de stockage de près de 2.500 m² pour abriter jusqu’à 5000 palettes de sacs de pellets. De nouvelles plates-formes ont aussi été aménagées, afin de doubler l’aire d’entreposage de la matière première et des produits connexes pour l’alimentation de la chaudière. Bien implantée dans un large secteur riche en scieries, l’usine EO2 est devenue en peu de temps une entreprise phare du territoire. En produisant un granulé haut de gamme, elle dispose d’atouts sérieux pour continuer son développement.

Autre innovation : la création  d’une  centrale photovoltaïque, qui est l’aboutissement d’un projet initié en 2012, en face de l’usine de fabrication de granulés de bois EO2, sur des terrains occupés précédemment par une décharge et une scierie, en friche depuis des décennies, et non cultivables. Ce projet a ainsi été une aubaine que le conseil municipal a approuvée à l’unanimité. Toutefois, en s’installant sur un bien sectionnal, la société devait obtenir l’accord des 204 ayants-droits : le résultat du référendum (2013) a été positif à 94 %.

Les 16.940 modules de capteurs solaires, de type polycristallin, installés dans un parc clos et sécurisé, représentent à eux seuls une surface de 3,1 ha !

Herment bénéficie également de la réouverture de commerces et de magasins d’alimentation de proximité, possède un hôtel-restaurant, une pharmacie, et divers artisans.

 

HISTOIRE DE LA COLLÉGIALE

En l’an de grâce 1140, il y a déjà 45 ans que le pape Urbain II a prêché la première croisade à Clermont. Avant son départ en croisade pour Jérusalem, le comte d’Auvergne Robert III (déjà cité comme constructeur du château-fort), pour exprimer sa grande piété (et peut-être aussi pour se faire pardonner ses exactions au détriment d’églises et de monastères), conçoit un monument majestueux, capable de contenir la population d’Herment ; il en pose la première  pierre. Une Charte est établie, et elle ne laisse aucun doute sur les volontés de notre comte. Cette charte constitue ce que l’on appelle une «notice publique», c’est à dire un écrit destiné à transmettre à la postérité un fait historique. Elle sera confirmée par une « notice privée », datée de 1157, signée par l’évêque Étienne de Mercœur. Selon la volonté du comte, la construction du bâtiment commence en 1145. Désirant participer à la deuxième croisade avec le roi Louis VII, Robert III fait don de cette église au chapitre cathédral de Clermont ; legs judicieux (selon les critères de l’époque) puisque Robert III mourra vers 1147 au cours de cette croisade. Le chapitre de la cathédrale fondera ensuite à Herment un chapitre (communauté de chanoines et de religieux attachés au service de l’église, qui forment un « collège », d’où le nom de « collégiale ») ; on peut encore voir le mur du cloître des chanoines, le long de l’église (photo ci-dessous).

Mur du cloître des chanoines. Remarquer la polychromie de ce mur, due à la variété des pierres utilisées pour la construction.

Ainsi, c’est en 1232 que l’église devient officiellement collégiale. 

Elle est dédiée à Dieu et à Notre-Dame. Elle est construite en pierre de lave (pierre noire) de Pontgibaud ou Mazayes, et en granit des environs de Prondines.

Elle mesure 53 m de long et 20 m de large. C’est alors la troisième plus grande église de la zone correspondant à l’actuel diocèse de Clermont (département du Puy de Dôme), après Notre-Dame du Port à Clermont et Notre-Dame d’Orcival. Construite à une  période de transition entre le plein cintre et l’ogive, cette église appartient au style Roman-byzantin-tertiaire. Elle a été classée en 1868 au nombre des monuments historiques du Puy-de-Dôme (elles sont aujourd’hui 22 dans le département).

Chapelle St Roch, à gauche du choeur.
Chapelle de droite, dédiée à Notre-Dame d’Herment.

La forme générale de l’édifice  est un rectangle parfait, auquel s’ajoutent le chœur et deux chapelles dites « en cul de four », dédiées à Saint Roch et à Notre-Dame d’Herment. 

 

 

 

Le grand escalier de 15 marches pour accéder à la nef. Remarquer les balustrades en fer forgé.

La  partie occidentale est enfoncée dans le sol par suite de la construction à contre-pente ; ce qui fait que l’on descend dans l’église par un escalier de 15 marches (refait en 1862, en même temps que tout le dallage). Cette disposition originale se retrouve aussi à la cathédrale de St Flour.

Le chœur, également en cul de four. Les stalles de bois qui ceinturent ce chœur ont été offertes par le Docteur Pierre de Besse, par testament en 1638 (il a légué 600 livres pour les faire réaliser).
Nef. De chaque côté, nous remarquons un oculus (ouverture circulaire dans le mur, fermée par une composition de petits vitraux circulaires).

La grande nef mesure 6 m de large, et chaque nef latérale 3,60 m.

Ci-dessous, la photo des trois oculi (ouvertures circulaires) de grandes dimensions, qui assuraient notamment l’éclairage de l’édifice ; ils sont de décor gothique.

Nos ancêtres aimaient à donner aux monuments religieux un jour sombre… C’est sans doute pour ce motif que  « les logeurs du Bon Dieu » n’ont doté cette église que de rares ouvertures (à cette époque, on pouvait croire que sous ces sombres voûtes, l’âme est plus disposée à élever ses pensées vers son Créateur…)

Les vitraux proprement dits des oculi datent de 1852.

 

La coupole au-dessus du transept. C’est la seule coupole d’Auvergne montée sur pendentifs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le transept (photos ci-dessus à droite) est surmonté d’une coupole élancée sur pendentifs (éléments triangulaires placés aux angles). Ce procédé architectural est très répandu dans les églises du Sud-Ouest de la France.

Certains chapiteaux sont ornés : feuillages, grappes de raisin, sujets de l’Ancien et du Nouveau Testament, la Sainte Trinité, Adam et Ève chassés du paradis terrestre, un ange déchu armé d’une massue (symbole de sa révolte contre Dieu), une fleur de lys (emblème de la royauté), personnages qui portent un bouclier en forme d’écu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chaire à prêcher se trouve également à l’intérieur, à droite dans la nef ; bien qu’elle ne soit plus utilisée depuis la réforme liturgique après Vatican II, elle est parfaitement conservée et très finement sculptée.

St Marc et le lion.

 Cette chaire est constituée d’un escalier, qui permet d’accéder à la « cuve » où le prédicateur prenait place, et d’une partie supérieure en surplomb, avec un abat-voix, coiffée d’un clocheton. Tout cela est finement ciselé dans le bois. Les quatre faces de la cuve représentent les quatre évangélistes, sous forme humaine. Pour être reconnu, chacun est accompagné de son symbole : le lion (pour St Marc), le taureau (pour St Luc), l’ange (pour St Matthieu), et l’aigle (pour St Jean). Ces quatre symboles sont toujours ailés.

St Matthieu et l’ange.
St Luc et le taureau, auquel il manque une corne !
St Jean avec l’aigle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Curiosités au fond de l’église, à gauche des marches : ce sont des éléments insolites qui piquent la curiosité du visiteur : bas-relief gothique illustrant le thème de la Pieta, tombeau d’un bébé mort.

⇐ à gauche : Piéta.

⇒ à droite : sarcophage d’enfant.

 

 

 

Les fonts baptismaux.

   

 

Les retables : la collégiale d’Herment conserve deux retables sauvés lors de la désaffectation de l’église de St Germain près Herment (avant sa vente comme bien national pendant la Révolution) . Ils sont visibles au fond de l’église, à gauche des 15 marches.

⇐ Retable bien conservé venant de l’ex-église de St Germain près Herment. La statue est celle de l’évêque St Germain, patron de cette église. L’autre retable (photo de droite), en moins bon état, présente une statue de Notre Dame de Pitié, à laquelle était dédiée une chapelle de cette ex-église .

Les entrées : trois portes donnent accès à cette église. 

⇐ Du côté de l’occident (côté opposé au chœur), le grand  portail est ornementé de torsades, archivoltes, colonnettes et superbe ogive. La porte en bois n’est pas d’origine, mais elle a conservé ses ferrures du Moyen-Âge.

⇒ Vue intégrale de la façade ouest, avec la porte principale. Nous remarquons deux petits vitraux, de part et d’autre de cette porte. À droite de la photo, le clocher St Jean. À noter également la position de l’horloge, perpendiculaire à la façade, comme s’il s’agissait de l’enseigne d’une boutique… ou d’un quai de gare !

(photo de gauche) : la porte nord ; c’est la seconde par la taille et la décoration. Elle donne sur la rue de la Fontaine ; elle évite la fastidieuse montée et descente de l’escalier des 15 marches…

(photo de droite) : la porte côté sud ; elle est appelée « porte du chapitre », car elle servait autrefois au collège des chanoines, pour passer du cloître à l’église et vice-versa.

Les clochers :

Il existait deux clochers à l’ouest : les clochers Saint-Jean et Saint-Nicolas (dont vous pourrez lire l’histoire un peu plus loin).

Un troisième clocher, dressé au dessus de la coupole du transept et achevé au début du XIV° siècle, avait une flèche très élancée et du plus bel effet (sans omettre le coup-d’œil remarquable qu’il offrait sur les environs, mais qu’il fallait mériter au prix d’une ascension acrobatique…). Ce clocher comptait cinq grosses cloches. Un bourdon, fondu en 1492, fut brisé par les protestants en 1592, ainsi que deux autres cloches. En 1652, il y avait encore trois cloches, qui retentirent jusqu’en 1793… Mais la folie révolutionnaire a tout anéanti, cloches et clocher, en application des arrêtés du conventionnel Couthon de novembre 1793 et mars 1794, ordonnant la démolition de tous les clochers du tout-nouveau département du Puy-de-Dôme. Par un surprenant retournement de la situation, Couthon sera à son tour « raccourci d’une tête », c’est à dire guillotiné, le 28 juillet 1794 ; il aura ainsi finalement partagé le sort de tous les clochers abattus à sa demande…

Le clocher Saint-Nicolas, situé sur le côté nord de la façade occidentale, est équipé d’une horloge en 1514. L’acte qui le confirme est daté du 5 mars 1514 (pour mémoire, l’horloge de la cathédrale de Clermont a sonné pour la première fois en 1407). Ce clocher et son horloge disparaissent aussi en 1793… Mais une âme charitable offre une nouvelle horloge en 1856, c’est Jean Hugon, natif d’Herment, devenu notaire à St Amand Tallende.

Seul le clocher St Jean a survécu à la tourmente révolutionnaire.

Les corbeaux ou modillons : Les contreforts sont nombreux, peu prononcés et d’une grande simplicité. Les corbeaux (ou modillons, pierres saillantes en forme de console, placés sous le toit) sont très variés ; ils représentent toutes sortes de sujets fantastiques, des têtes grimaçantes, souriantes, tirant la langue, des volutes, des sautoirs, des fleurs de lys, des chevrons… La collégiale en comporte plus d’une centaine, qui offrent une certaine ressemblance avec les sculptures des chapiteaux intérieurs, laissant penser que c’est le même tailleur de pierres qui les a sculptés, ou tout au moins deux tailleurs de la même école.

Voici quelques exemples :

 

 

 

 

 

 

 

 

Décoration intérieure

La collégiale possède plusieurs tableaux : une Madone espagnole, donnée par M. Charles Tardieu (père de notre historiographe Ambroise Tardieu) ; une Sainte Madeleine ; une adoration des Anges du Sacré-Cœur de Jésus (cadeau de M. Louis Peyronnet, notaire et maire d’Herment de 1800 à 1815) ; une Immaculée Conception (beau cadre doré) ; le tableau dit de « Sainte Radegonde », qu’une savante restauration a rétablie dans son état original.

⇐ Ste Marie Madeleine, la pécheresse convertie. Remarquer la place importante de sa chevelure dans le tableau, en écho d’un passage de l’Évangile où elle essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux (Évangile selon St Jean, chap. 12, verset 3). 

Ci-dessus à droite : l’Adoration du Sacré Cœur par les anges. Outre les deux anges du tableau, noter les deux angelots sculptés, au-dessus du cadre.

⇐ L’Immaculée Conception. La lune est sous ses pieds (Apocalypse de St Jean, chap. 12, verset 1), et elle écrase la tête du serpent (symbole du diable).

Le texte inscrit sur le ruban est celui-ci : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous » ; il s’agit de la prière donnée par la Sainte Vierge Marie à Sainte Catherine Labouré, lors de l’apparition de la Rue du Bac à Paris, le 27 novembre 1830. Cette prière figure également sur la « Médaille miraculeuse ».

Ste Radegonde, reine de France. Le style et la facture de ce tableau font plus penser à l’époque de Louis XV qu’à celle du roi Clotaire…

Sainte Radegonde ⇒ (vers 520–587) – Fête le 13 Août.
La naissance de Radegonde est royale, elle est la fille de Berthaire, roi de Thuringe. Elle grandit dans le climat des luttes fratricides, des trahisons et des meurtres de l’époque mérovingienne.
Elle est encore enfant, quand elle devient un « trophée de guerre », prisonnière de Clotaire I°, roi des Francs qui la ramène en France et la fait élever selon son rang.
Quelques années plus tard, Clotaire la trouve à son goût et projette de l’épouser… Elle tente alors de s’enfuir, mais, rattrapée, elle est mariée de force au roi. Elle devient ainsi reine de France. 
Elle mène une vie de pénitences et de prières, et se consacre aux pauvres et aux déshérités.
Après la mort de son frère (tué par Clotaire…), elle s’enfuit et se réfugie auprès de St Médard, alors évêque de Noyon. Dès lors, elle se voue entièrement à Dieu et finit ses jours dans un monastère qu’elle fonde entre Tours et Poitiers.
Elle obtient de Justin II, empereur de Byzance, un morceau de la Croix du Christ. Son monastère « Sainte Marie » est alors rebaptisé « Monastère de la Sainte Croix ».

             Les vitraux datent de 1852.

De gauche à droite :

1- la Vierge Marie, identifiée par la lune sous ses pieds ;

2- St Joseph, tenant l’enfant Jésus sur son bras gauche, et à sa main droite le lys de pureté ;

3- St Roch (avec son chien), montrant le bubon de la peste sur sa jambe droite.

L’histoire du mètre étalon

Le clocher Saint-Nicolas, celui qui a été abattu par la fureur révolutionnaire, a pourtant eu sa grande heure de gloire… en servant de point de triangulation pour la mesure du méridien terrestre entre Dunkerque et Barcelone, mesure qui a permis de définir le mètre, notre unité de mesure, et dont voici la petite histoire :

Les célèbres géodésiens Delambre et Méchain s’attellent à ce travail. C’est Delambre qui est de passage à Herment, Méchain étant parti de Barcelone.
Suivant le célèbre principe d’égalité du carré de l’hypoténuse et de la somme des carrés des deux autres côtés (théorème de Pythagore sur lequel nous avons tous perlé de sueur en nos jeunes années…), il s’agissait de mesurer la distance entre Sermur en Marche et Meymac en Corrèze.

Le clocher St Nicolas se trouve là, fort à propos, pour aider à cette mesure. Mais il est un peu sombre, et difficile à voir depuis Sermur et Meymac !… Qu’à cela ne tienne… il suffit de le recouvrir d’un drap blanc…

Et voilà comment la bonne ville d’Herment s’est réveillée un beau matin avec la nette impression que les Royalistes avaient repris le pouvoir !…

Aussitôt se rassemble une forte manifestation populaire, bien de chez nous, avec fourches et grandes invectives contre ces savants « dont nous n’avions rien à faire… » et contre les rares bourgeois qui baguenaudaient, en toute bonne foi, par les rues de la ville…

Heureusement, Delambre eut l’ingénieuse idée d’accoler les couleurs bleu et rouge à cet étendard, et il s’est empressé de faire protéger par l’Etat le nouvel oriflamme qui flottait sur le clocher St Nicolas de la Collégiale Notre-Dame d’Herment. En voilà un qui a eu plus de chance que son éminent collègue Lavoisier, le père de la chimie moderne, condamné en 1794 à la guillotine, avec cette sentence définitive du juge Coffinhal : « La République n’a pas besoin de savants »…

L’opération, heureusement menée à bien, a permis de définir la longueur exacte du mètre (la dix millionième partie du quart du méridien terrestre), et ultérieurement de réaliser le mètre étalon en platine iridié, déposé au Pavillon de Sèvres.

C’est la mesure républicaine dédiée « À TOUS LES HOMMES, À TOUS LES TEMPS », qui reste la base du système métrique décimal en usage dans presque tous les pays du monde.

Fêtes et traditions

Fête de la Nativité de Saint Jean-Baptiste :
Cette tradition ancestrale veut que la jeunesse se procure un immense bûcher, qu’elle place dans l’endroit le plus apparent. Le soir, la masse de feu s’élève dans les airs, aux cris joyeux des assistants. Aujourd’hui, cette tradition perdure : le vendredi qui suit le 24 juin, la population d’Herment partage un repas festif et, à la nuit tombée, se retrouve sur le point culminant du bourg pour embraser un pignon de branches de sapin, préalablement monté par les jeunes du pays.

Fête patronale de la Saint Roch :
Le vendredi qui suit le 15 août, le bourg d’Herment vit pendant trois jours une ère festive. Les hostilités sont ouvertes le vendredi et le samedi avec deux bals populaires, le concours de pétanque et la retraite aux flambeaux. Le dimanche matin a gardé son caractère traditionnel : une procession quitte l’église, descend la grand’rue et emprunte le chemin de ronde. La statue de Saint Roch est portée sur un brancard surmonté d’arceaux auxquels on suspend des grappes de raisin. La statue est entourée par la bravade, c’est-à-dire un groupe de huit jeunes du village, armés chacun d’un fusil. Ils tirent des salves en l’honneur du saint. Après la procession, les grains de raisin bénis qui décoraient la statue sont offerts aux fidèles, et les jeunes gens vont tirer des salves devant toutes les maisons du bourg. L’après-midi dominical, c’est le défilé des chars fleuris qui assure l’animation, par la joie des plus petits et l’humour décalé des plus grands. La journée se termine par un repas et un feu d’artifice qui clôture ces trois jours de fête conviviale.

La bravade :
Plus qu’une tradition, la bravade est à Herment une institution. De père en fils, chaque homme du village au retour de sa conscription a porté les armes. Si l’origine de cette tradition vieille de plusieurs siècles reste incertaine, il n’en demeure pas moins que chaque année, le dimanche qui suit le 15 août, une formation de huit jeunes gens composée d’un capitaine, d’un porte drapeau et de six fantassins armés de fusils, se présentent devant l’église pour honorer le saint patron de la commune. À chaque station de la procession, la bravade tire une salve en l’honneur de saint Roch. La cérémonie terminée, la bravade poursuit son périple dans les rues du bourg et sous les ordres du capitaine tire une salve devant chaque maison où on leur donne quelque argent pour la fête et les jeux.

Il existe aussi, dans le bourg même d’Herment, à 250 mètres de la collégiale, une chapelle dédicacée à Notre Dame de Bonne Nouvelle.