Agenda

décembre 2020
LMMJVSD
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31    
« Nov   Jan »

Catégorie d’événements

Derniers articles

Catégorie d’articles

Méditation sur l’évangile du dimanche 8 novembre 2020

Méditation sur l’évangile du dimanche 8 novembre 2020


Bonjour à vous tous,

Voici l’homélie d’un prêtre de Savoie : elle peut nous aider à méditer l’Evangile de ce dimanche… Il y a dans ce texte des éléments qui m’aident moi-même à prier et à avancer : alors…

Bon courage à tous en ces temps difficiles.

Je reste disponible : n’hésitez pas si nécessaire…

P. Jean-Marc Couhert

 

La lecture de Matthieu touche à sa fin, l’année liturgique aussi. Le lectionnaire a choisi, pour les trois derniers dimanches, des extraits du dernier discours où Matthieu, selon sa méthode, rassemble des paroles du Christ sur les fins dernières.

Jésus parlait à ses disciples de sa venue finale : « Le royaume des cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces ». Depuis que le prophète Osée avait parlé de Dieu amoureux de son peuple, l’image des noces était familière aux Juifs. Le Messie viendrait à la fin des temps pour des épousailles avec son peuple. Nous marchons vers des noces et non vers le néant. Oui, Dieu nous invite à des noces, Dieu veut
faire une alliance remplie de tendresse avec l’humanité.

Mais ce n’est pas chaque jour que nous ressentons la joie des noces. Il est même des jours où nous avons l’impression que Dieu est absent, que nos prières se heurtent à son silence. Et puis, il y a le scandale du mal qui peut nous atteindre personnellement à travers la maladie, ou à travers la souffrance et la mort de nos proches. Il y a tant de misères et de cruautés dans notre monde qu’on en vient à s’interroger sur la bonté du Créateur. Quand nous réalisons que nous nous laissons gagner par le découragement, il est urgent de réagir et c’est là que nous avons besoin de nos réserves d’huile.

« Comme l’époux tardait » . Les communautés primitives étaient persuadées que le Ressuscité viendrait très tôt, peut-être dans l’année. Puis ce fut la déception : « Le Seigneur a du retard » écrit l’apôtre Pierre. Avec le danger de se laisser aller : « elles s’assoupirent et s’endormirent ». Nous ne pouvons pas toujours être en forme. Viennent la fatigue et la monotonie du quotidien…

Mais, même dans notre nuit, une petite flamme continue à briller, c’est la flamme de l’amour. « Je dors, mais mon cœur veille » dit la fiancée du Cantique des cantiques. “Je me tiens à la porte et je frappe” répond Jésus. Oui, c’est à tout moment que le Seigneur vient, qu’il désire nous rencontrer : à travers un événement, un témoignage, un visage, une œuvre d’art, une musique, un livre. Mais nous, désirons-nous vraiment le rencontrer, le connaître ? « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi : après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau… » Regarde, Seigneur ma petite lampe allumée et ma petite provision d’huile. Je vais essayer de faire remonter le niveau d’huile dans la lampe de la prière, dans la lampe du service fraternel, dans la lampe de l’écoute de la Parole de Dieu. Comment reconnaître Jésus, quand il me fait signe, si je ne le connais pas, si je ne contemple pas son visage ? Voici ce qu’écrivait Etty Hillesum, cette jeune juive morte à Auschwitz : « Je vais te promettre une chose, mon Dieu, oh une broutille : je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi. » Ce désir intense, cette soif profonde, cette vie intérieure, cela ne se prête pas et on comprend un peu mieux l’attitude égoïste des cinq jeunes filles sages.

Mais si, au lieu de courir chez le marchand, les cinq autres s’étaient jetées dans les bras de l’époux avec leurs mains vides ? Au soir de notre vie, il nous sera seulement demandé : « Qu’as-tu fait de ce cœur que je t’avais donné pour aider tes frères à vivre ? » Que se creuse en nous le désir de la grande rencontre avec ce Dieu que je verrai enfin face à face. Il apaisera dans sa miséricorde toutes les insatisfactions, toutes les blessures de nos vies. Mais n’oublions pas toutes les petites rencontres possibles dont chaque jour est l’occasion. C’est aujourd’hui que Jésus vient. Ne passons pas à côté de la rencontre qu’il nous propose. Le Christ n’est pas visible, mais nos frères le sont : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger. « Voilà, déjà, le banquet des noces.