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Méditation sur l’évangile du dimanche 22 novembre 2020

Méditation sur l’évangile du dimanche 22 novembre 2020


Bonjour à vous tous,

En espérant que chacun parvient à trouver son rythme et ses marques en ce temps de confinement… Je vous envoie quelques lignes pour accompagner notre dimanche. Nous fêterons le Christ-Roi ; cette fête clôt l’année liturgique : elle clôt une année mais ne manque pas d’ouvrir des perspectives et de faire entendre des appels (valables en ce temps)…

À bientôt de se retrouver, nous l’espérons, mais pour l’instant c’est d’une autre manière que se vit notre communion…

Bon dimanche à tous.

Père Jean-Marc Couhert

« Frères des ‘petits-frères’ du Roi ! » (fête du Christ-Roi 2020)

Dans notre culture républicaine, la symbolique royale n’a plus vraiment cours, sauf parfois à titre de nostalgie… L’Évangile, lui, parle volontiers du « règne de Dieu », du « Royaume de Dieu ». Nous prions quotidiennement pour que son règne « vienne ».

Jésus ne s’est jamais présenté lui-même comme roi. Jésus refuse le titre royal, sauf à la fin, au moment de son procès devant Pilate, selon l’évangile de Jean. Mais c’est pour proclamer que sa royauté n’est pas de ce monde. Elle ne doit pas être envisagée à la manière des souverains de ce monde, de ceux qui font « sentir leur pouvoir » sur les autres. Cela ne l’empêche pas d’exercer un jugement. L’évangile de ce jour est particulièrement important parce qu’il est question du jugement dernier, de l’ultime jugement, de la fin des temps.

Les critères de jugement proposés sont décisifs. Ces critères ne sont pas d’ordre religieux mais éthique. Il n’est pas demandé de rendre un culte à Dieu, de fréquenter le temple, mais de se mettre au service du frère. Il s’agit de donner à manger et à boire, d’accueillir l’étranger, de vêtir celui qui est sans vêtement, de visiter les malades et les prisonniers…

La préoccupation du disciple de Jésus n’est pas de « faire son salut », ni même de constituer une communauté chaleureuse à l’écart du « monde », mais d’entretenir une relation vitale avec tous ceux qui souffrent.

Le Christ-Roi n’a pas de sujets mais des frères. Ce sont eux qui comptent. Ce roi ne demande pas d’être honoré, encensé, vénéré. S’il demande d’être servi, c’est de l’être dans ses frères les « plus petits », comme lui-même s’est mis au service de tous.

Saint Matthieu, que nous avons lu tout au long de cette année liturgique, n’emploie, dans son évangile, le mot Roi à propos de Jésus, qu’à deux endroits : au début et à la fin. Au début, dans le récit de la visite des Mages, lorsqu’ils demandent : « Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? » Et à la fin, dans le récit de la Passion, on retrouve le mot roi dans les insultes que les soldats adressent à Jésus, ainsi que sur l’écriteau qui est fixé à la Croix. Dans les deux cas, ce Roi est en position de faiblesse absolue : soit emmailloté dans sa crèche, soit cloué sur la Croix. Le début et la fin : les deux extrémités de la vie de Jésus se rejoignent dans la même fragilité et la même révélation de sa Royauté. Les deux avènements du Fils de l’Homme, chacun à une extrémité de l’histoire, ont une frontière commune et s’interpellent avec complicité dans un étonnant dénuement.

Un auteur contemporain, Jean-Noël Dumont, écrit : « Le regard de Dieu, comme celui de l’enfant, est difficile à soutenir. Non pas parce qu’il est le regard d’un juge – que l’on peut encore défier – mais parce que c’est un regard empli d’admiration et de confiance. Les hommes seront jugés par un enfant confiant et vulnérable : quoi de plus redoutable ? » (« Le tiers invisible » p.13 Desclée 1991)

Père Jean-Marc COUHERT