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Suivez le pèlerinage de notre diacre José Alvès à St Jacques de Compostelle (printemps 2019)

Suivez le pèlerinage de notre diacre José Alvès à St Jacques de Compostelle (printemps 2019)


(cliquez sur les images pour les agrandir)

Printemps 2019 : C’est décidé, notre diacre José Alvès, jeune retraité, part en pèlerinage à pied avec sa belle-sœur, vers St Jacques de Compostelle ! Voici la carte de la « Via Tolosana » (voie de Toulouse, également appelée voie d’Arles ou voie de St Gilles) qu’il compte suivre à partir d’Arles et jusqu’à Puente la Reina (près de Pampelune, en Navarre), où elle rejoint les trois autres grandes voies du pèlerinage : la voie du Puy, la voie de Vézelay et la voie de Tours. Le chemin se poursuit sous le nom de « Camino Francés », de Puente la Reina jusqu’à St Jacques de Compostelle.

⇐ 21 mars : bénédiction avant le départ, et encouragements de toute la paroisse, devant la statue de St Jacques le Majeur, en l’église de St Jacques d’Ambur. José est ici en compagnie de son épouse Suzanne, qui est aussi son supporter n°1 !

23 mars : Départ en train pour rejoindre la « Via Tolosana » ⇒

Après une nuit passée dans un monastère, le 24 mars au matin, c’est le grand départ d’Arles !

⇐ 24 mars : entrée à St Gilles, ville historique située entre Arles et Montpellier, lieu d’un pèlerinage important au tombeau de St Gilles… au XII° siècle, tombé en désuétude au XVI° siècle après la disparition du corps du Saint pendant les guerres de religion, mais qui revient à la mode depuis quelques années : c’est en quelque sorte un « effet secondaire » du développement du pèlerinage à St Jacques de Compostelle…

⇒ 26 mars : en chemin… Détaillons l’équipement du parfait pèlerin : chapeau et lunettes de soleil, sac à dos bouclé deux fois sur le devant (pour soulager les épaules et charger les hanches), deux bâtons de marche ; mais le plus important n’est pas visible sur la photo : de bonnes jambes, de bons pieds dans de bonnes chaussures, et une foi à déplacer les montagnes (et à dévorer les kilomètres) !

27 mars : le magnifique tramway décoré de fleurs vertes, rouges et jaunes, visible à l’arrière plan, n’existe que dans une seule ville au monde : c’est à Montpellier ! ça nous change du tramway couleur « fleur de lave » de Clermont Ferrand…

 

⇐ 4 avril : quand on vous disait que les jambes et les pieds, c’est le plus important ! la preuve…

 

 

⇐ 10 avril : passage à Montferrand. Non, ce n’est pas notre Montferrand, celui de Michelin et de l’ASM ! celui-là est dans l’Aude, à la limite de la Haute Garonne : c’est un homonyme. Mais il a aussi une bonne raison d’être célèbre : c’est là que se trouve le col séparant le bassin versant vers la Méditerranée et celui vers l’Atlantique : le Seuil de Naurouze (altitude 189 m).

Évidemment, il ne peut pas rivaliser avec le Galibier ou le Tourmalet, ni même avec le col des Goules ou le col de la Nugère… par contre, il concentre toutes les infrastructures de transport terrestre : route et autoroute, voie ferrée et canal du Midi (sans oublier les câbles télécom). Une stèle à la mémoire de Pierre-Paul Riquet, constructeur du canal au XVII° siècle, se trouve à proximité.

Ci-contre ⇒ une surprenante statue de Jésus près du chemin, à Montferrand.

 

 

 

 

 

 

11 avril : le chemin longe le canal du Midi (inscrit à la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco), puis arrive à Villefranche de Lauragais. Ci-dessus à gauche une écluse ovoïde sur le canal, et à droite (à l’arrière plan de la photo) le curieux mur-clocher de l’église Notre Dame de l’Assomption à Villefranche de Lauragais (église en briques remontant au XIII° siècle) : deux peignes de trois cloches chacun, soit six cloches en tout.

 

 

 

 

 

 

 

12 avril : encore quelques kilomètres le long du canal, puis arrivée à Toulouse « la ville rose » (couleur de la brique) ; l’admirable basilique St Sernin (photo ci-dessus à gauche), a été construite pour abriter les reliques de St Saturnin, premier évêque de Toulouse, mort martyr vers 250. Cette basilique, symbole de l’art roman de la région, remonte aux XII° et XIII° siècles ; elle a elle-même été érigée sur les restes d’une basilique du V° siècle. C’est l’un des premiers monuments historiques français (classée Monument Historique en… 1840).


Et notre pèlerin passa la frontière et se retrouva en Espagne… Olé ! Il a choisi le chemin le plus difficile : le « Camino Francès » (traduction : le chemin français), qui passe par les montagnes et les hauts plateaux. Mais il existe un autre itinéraire (en pointillé sur la carte) : le « Camino del Norte » (traduction : le chemin du Nord), qui longe l’océan Atlantique sauf juste à la fin : il est moins accidenté, et l’océan exerce une influence modératrice sur la température ambiante… ce qui peut se révéler intéressant par temps de canicule…

⇐ 4 mai : à Logroño (capitale de la province de la Rioja – prononcer « Logrogno »), le célèbre Marcelino Lobato Castrillo, lui-même ancien pèlerin, a ouvert un « Ermita del peregrino pasante » (traduction : abri du pèlerin qui passe) où il accueille, nourrit et réconforte les marcheurs de Dieu. Ce barbu sympathique et jovial est-il vraiment si célèbre que ça ? Lancez une requête sur son nom dans votre moteur de recherches favori : 87900 réponses ! Tel certains géographes de l’Antiquité, qui ne voyageaient pas mais se contentaient de recueillir et transcrire les souvenirs des voyageurs de passage, son pèlerinage à lui est maintenant immobile mais perpétuel…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

⇐ 5 mai : le Seigneur nous a bien dit : « JE SUIS le chemin » ; mais deux précautions valent mieux qu’une, alors Il a aussi placé quelques balises le long de ce chemin ! Cette pancarte devient donc un signe visible et efficace de la présence de Dieu dans la vie du pèlerin, autrement dit c’est… un sacrement ! (d’ailleurs, on remarque des cygnes sur la photo au-dessus !) ; et la piété populaire le confirme, puisqu’on voit une paire de chaussures de marche et une coquille St Jacques en guise d’ex-voto !

5 mai : au long de ce chemin, une seule ombre : celle du pèlerin ; un seul horizon : l’infini. Le Ciel est à portée de main, on peut presque le toucher du doigt (et du cœur) ! ⇒

 

 

 

 

⇐ 7 mai : (à chanter avec conviction sur l’air des lampions) :

« 518 km à pied, ça use, ça use…

518 km à pied, ça use les souliers… »

Message de José Alvès reçu le 8 mai :

Déjà 1150 km de fait ! Tout va bien, c’est super… Il y a de plus en plus de pèlerins. Je fais de très belles rencontres ; il est parfois difficile de se parler, car je ne parle pas leur langue, mais on se comprend. J’ai beaucoup de temps pour méditer et prier. Demain nous serons à Burgos. Le temps passe vite ! À bientôt ! JOSÉ.

9 mai : la cathédrale Ste Marie de Burgos a un certain air de ressemblance, on dirait même de cousinage, avec les grandes cathédrales gothiques françaises du XIII° siècle (Paris, Chartres, Reims, Amiens, Bourges, etc…), et pour cause : les nefs et les portails ont été édifiés par des architectes locaux, d’après les plans rapportés par l’évêque Don Mauricio d’un voyage à travers la France ! On peut supposer qu’il a sympathisé avec son collègue et homonyme Maurice de Sully (évêque de Paris qui a lancé la construction de Notre Dame de Paris…)

En voilà un qui a trouvé un moyen de transport plus rapide et moins fatigant que les jambes du pèlerin ! Mais ce n’est pas Vercingétorix sur la place de Jaude, c’est le Cid (oui oui, celui de la pièce de théâtre de Corneille, que nous avons tous étudiée au collège…), figé pour l’éternité sur une place de Burgos.

 

⇐ 28 mai au matin : arrivée à St Jacques de Compostelle (en espagnol : Santiago de Compostella), sous un magnifique ciel bleu : aïe aïe aïe les coups de soleil…

 

 

 

 

Sur la place au pied de la cathédrale St Jacques ⇑ , fraternisation entre pèlerins (ici José avec sa belle sœur), fourbus mais heureux d’être arrivés au terme du voyage… le retour sera moins fatigant !

À kilomètres de St Jacques, le soleil se couche sur l’océan Atlantique : l’infini se laisse enfin découvrir, clap de fin d’un extraordinaire voyage !

 

Fin du pèlerinage : c’est super ! Merci pour vos soutiens. Retour avec de magnifiques choses vécues sur ce chemin de foi. À bientôt. JOSÉ (28 mai)


José nous a donné son témoignage, lors de la messe du pèlerinage paroissial à Orcival, le 16 juin :

« Le 24 Mars avec ma belle-sœur nous sommes partis d’Arles, après avoir préparé au mieux notre pèlerinage sur le plan physique et moral depuis plusieurs semaines, même plusieurs mois, car pour partir plus de deux mois et plus de 1700 km, il faut se sentir prêt ; surtout être loin des nôtres pour tout ce temps est une épreuve aussi importante que la préparation physique et morale.
Notre première nuit, nous l’avons passés dans un monastère en partageant le repas et la prière avec les moines.
Au petit matin nous nous sommes mis en chemin pour notre première étape, destination droit devant vers Saint-Jacques de Compostelle. Au départ on se dit : Oh ! la vie de nomade, les grands espaces à perte de vue… Marcher, mettre un pas devant l’autre et recommencer plusieurs milliers de fois par jour, « tomber » une par une les étapes, traverser des lieux inconnus et déserts… Affronter la brume matinale, endurer le froid, la pluie, la neige, le soleil, la chaleur, et aussi le souci de savoir si on va trouver un gîte pour la nuit.
Mais le plus important n’a pas été cela, le plus important, le plus merveilleux a été la Joie de la rencontre, du partage, de l’échange avec nos frères et sœurs du chemin.

Ah, ce sac à dos !…

J’ai appris que, pour le marcheur, il y a pire que les aléas du climat ou les difficultés topographique du terrain, il y a même pire que la solitude : les deux ennemis quotidiens sont :

– le sac-à-dos : quoi que l’on fasse, il est toujours trop lourd pour le pèlerin ;

– et les pieds : j’en sais quelque chose, les ampoules nous ont accompagné une grande partie du chemin aussi…

Tout cela est vite, très vite oublié au fur et à mesure que l’on avance ; lorsque que nous traversons de magnifiques paysages, on ne peut pas s’empêcher de penser au psaume de la Création et de chanter : Mon Dieu, tu es grand, tu es beau, car marcher laisse beaucoup de temps pour contempler toutes ces merveilles de la création.

Rencontre sur le chemin

Le plus fort de ce pèlerinage a été toutes ces merveilleuses rencontres avec tous ces pèlerins venus de différents pays, rencontre d’un court instant, quelques mots échangés quand on parle la même langue, parfois simplement un sourire en se disant : « bon Camine », c’est la phrase universelle pour se dire bon chemin ; ou ces rencontres qui durent quelques heures, voire même plusieurs jours de marche, où naissent de belles rencontres de vrai échange ; une grande amitié s’installe, que l’on soit croyant ou même simple marcheur, c’est cela aussi le miracle du chemin ; et surtout une grande solidarité se vit au quotidien, que ce soit sur le chemin ou plus tard dans les gîtes. Vraiment il n’y a pas de barrière entre les langues pour partager tout cela, c’est naturel, cela vient du cœur de chaque pèlerin. Parfois aussi on marche seul de longs moments, des moments indispensables, des moments pour soi en communion avec Dieu et avec tout ce qui fait notre vie, ce qui permet de réfléchir, moments de prière individuelle, parfois aussi des temps de prière avec ma belle-sœur tout en marchant devant un beau paysage, simplement devant une croix ou dans une petite chapelle ou église quand la porte est ouverte, la messe plusieurs fois dans la semaine avec les autres pèlerins et la communauté où l’on se trouve. Tous ces moments sont des temps de ressourcement et de force pour aller toujours plus loin, toujours plus haut. Il y a des moments d’échange entre pèlerins : on se confie nos joies, nos peines, nos doutes, nos peurs.
Pourquoi nous faisons le pèlerinage ? J’ai vu des gens pleurer, des pèlerins arrêter le chemin, car ils étaient trop fatigués, trop mal aux pieds, à bout de forces. Sur le chemin il y a beaucoup de petites croix ou autres signes, qui nous rappellent aussi que bien des pèlerins sont restés sur ce chemin.
Tout cela a été porté dans mes prières, un grand merci aussi à vous tous qui m’avez porté dans vos prières : tout cela a fait que je suis parvenu, avec l’aide de Dieu et de Saint-Jacques, au bout de ce magnifique pèlerinage ; vous étiez aussi dans mes prières de tous les jours.

La force et le bonheur d’avancer (photo de couverture d’ « Echos de Sioulet-Volcans » n°58)

Chaque jour je rends grâce au Seigneur de me donner la force, le bonheur d’avancer à la rencontre de Saint-Jacques. Tous ces pèlerins rencontrés sur le chemin ont été pour moi des Saint-Jacques.
Après soixante-sept jours de marche, soixante-sept jours de merveilleuses rencontres, de merveilleux paysages et de beaux villages aussi, c’est l’arrivée à Santiago ! Ce fut un moment très émouvant : arriver sur cette place, devant la cathédrale, sur cette place où arrivent mille à mille cinq cents pèlerins par jour ; on ne peut pas s’empêcher de verser une larme… il y a aussi de nombreuses retrouvailles de pèlerins rencontrés sur le chemin, des embrassades, moment de bonheur, heureux et fier d’être arrivé à Saint-Jacques.
Mais également un peu triste de se dire que c’est déjà fini, finie cette belle aventure, tout ce que l’on a vécu sur ce chemin se termine avec cette arrivée à Saint-Jacques. Mais non, pour moi ce n’est pas fini, c’est un nouveau pèlerinage qui m’attend, celui de revenir chez moi auprès de ceux qui m’attendent à la maison, auprès de vous, de faire un bout de chemin avec vous, avec ceux que je ne connais pas encore, ceux que je vais rencontrer dans les jours, les semaines, les mois, les années qui viennent, ceux que le Seigneur va mettre sur mon chemin avec eux, s’ils le veulent je ferai un bout de chemin.
Et comme m’a dit un pèlerin sur le chemin : Saint-Jacques c’est ce que l’on vit sur le chemin. Après avoir fait le pèlerinage je suis entièrement d’accord avec lui, que ce soit sur le chemin de Saint-Jacques ou sur le chemin de tous les jours, l’important reste les rencontres que l’on fait. Alors, continuons à être pèlerin là où Dieu nous a envoyé. Soyons tous des pèlerins avec ce que nous sommes, avec notre histoire, chacun avec ses compétences. Nous sommes tous des pèlerins envoyés par Dieu vers nos frères en humanité, dans nos vies de tous les jours.

José Alves


Vous avez des fourmis dans les jambes à la lecture de cet article ? Vous réfléchissez à partir, vous aussi, sur ce chemin au long cours, pour vivre cette expérience unique ? Voici quelques liens qui peuvent vous guider dans cette démarche :

⇒ les livres-guides du pèlerinage à St Jacques de Compostelle

⇒ en savoir plus sur la Via Tolosana

⇒ nous recommandons chaudement la lecture du livre « Partir au champ d’étoiles » par le P. Pierre Morin, ancien curé d’Aubusson (Creuse), qui nous décrit son expérience et ses rencontres, tout au long des 1300 km qu’il a parcourus en deux mois à l’été 2006, de St Léonard de Noblat à Compostelle (Editions de la Ramonda). En attendant peut-être un livre de José Alvès ?