Agenda

Paroisse > Nos églises > St Jacques d’Ambur
Façade côté Sud

St JACQUES  d’AMBUR

Église St Jacques

 

(cliquez sur les images pour les agrandir)

 

La commune de Saint-Jacques-d’Ambur

Blason de St Jacques d’Ambur

Les habitants de St Jacques d’Ambur s’appellent les Saint-Jacquaires. Ils sont actuellement 272 dans cette commune, qui compte aussi quelques villages importants par leur passé minier.

Le blason se compose d’une « Croix de St Jacques » rouge au milieu, et en haut d’une coquille St Jacques et d’un trèfle à trois feuilles.

L’altitude de la commune varie de 504 m (bord de la Sioule) à 799 m (sommet de Rochevieille). La Sioule et  le Sioulet sont les principaux cours d’eau qui l’arrosent ; une partie du lac du barrage des Fades Besserve se trouve d’ailleurs sur le territoire communal, avec des équipements de loisirs à La Chazotte (plage, camping, gîtes, sports nautiques…). Sur le plan touristique, notons encore que les sentiers de grande randonnée GR 41 et 460 traversent la commune d’est en ouest.

Richesses du sous-sol

Fluorine zonée

St Jacques d’Ambur a fait le bonheur de nombreux minéralogistes amateurs, enseignants, touristes à la recherche de minéraux pour leurs études ou pour leur plaisir.

Situé sur la « faille de Pontgibaud », ce secteur comprend la mine de La Barre / Martinèche, plusieurs filons exploités (Les Isserts, La Chazotte, La Roche-Cornet), et d’autres non exploités (les Rioux de la Barre, Boisse, Confolant…)
Tous ces filons ont à peu près la même orientation Nord Ouest – Sud Est et sont, soit parallèles, soit en prolongement les uns des autres.

Fluorine bleue

• La mine de La Barre Martinèche a été exploitée à petite échelle dès la fin du XIX° siècle, puis reprise par AFC (Alès-Froges et Camargue, future Péchiney) en 1908. En 1944, lui ont succédé les travaux de la société Ugine avec le fonçage d’un puits profond de 44 m. Après avoir produit 80.000 tonnes de fluorine, la mine de la Martinèche a fermé en 1948. La minéralogie du site est très réputée pour les trois cristallisations classiques qu’on y a trouvées : le cube de fluorine bleue, l’octaèdre de fluorine violette souvent recouverte de quartz, et le cuboctaèdre.

Améthyste

• Aux Isserts, deux filons ont donné du minerai de plomb, puis de fluor. L’installation minière est constituée d’une galerie horizontale de 50 m environ, et d’une tranchée à ciel ouvert. Trois périodes d’exploitation se sont succédé : de 1848 à 1865 environ, puis de 1925 à 1929 par M. Gouttenoire, et enfin de 1945 à 1961, par la Société Minière et Métallurgique du Châtelet (Creuse). On y a trouvé les minéraux suivants : de la fluorine en cubes bleus, jaunes ou jaune vert, ou en octaèdres violets, associés à du quartz laiteux ou avec des inclusions de galène ; de l’améthyste ; de la barytine.

Cristaux de fluorine jaune

• La Chazotte est une exploitation satellite des Isserts pour le plomb et le fluor, qui a donné 3 800 tonnes de spath fluor à partir de minerai de fluorine en cristaux cubiques jaune doré. Deux galeries ont été noyées par le lac de retenue des Fades-Besserves. Une partie des « haldes » (déchets terreux non exploités) est encore visible sur la plage de La Chazotte.

• Un filon de quartz, fluorine et barytine se trouve sur la crête entre La Barre et Le Cornet ; il a donné environ 4 000 t de spath fluor.

Barytine

• Aux Rioux de La Barre, on connaît un filon de 50 cm à 1 m d’épaisseur sur 300 mètres de longueur, présentant de la fluorine et de la barytine.
• À Confolant (sur la commune de Miremont), une galerie (d’exploration ?) juste en face des galeries de La Chazotte, de l’autre coté de la Sioule, a été noyée comme à La Chazotte. On y avait trouvé des cristaux de fluorine en cubes jaune doré, du quartz, des améthystes, de la barytine, etc.

Fluorine verte

Mais à quoi sert au juste la fluorine (et le fluor) ? à faciliter la fusion des métaux ; à la fluorescence et à la phosphorescence ; à produire un gaz utilisé en médecine comme anesthésiant, ou en informatique comme refroidisseur de serveurs ; à l’enrichissement de l’uranium (hexa-fluorure d’uranium) et bien entendu à très faible dose pour la prévention des caries (dentifrice au fluor, sel de table fluoré).

Le passé de la commune
On connaît au moins deux grands domaines de l’époque gallo-romaine : l’un à Martinèche, avec la maison du maître Martinaccia, et l’autre dans le bourg, ou peut être à la Peyche (aujourd’hui La Pêche), où des tuiles romaines ont été découvertes dans les terres de Courol.

Ensuite, on manque de documents écrits jusqu’à 1219 (arrivée des moines ermites à la Chartreuse de Port Sainte Marie) ; seule la toponymie des villages de la commune nous donne une indication sur la date de leur fondation :

Par différents documents écrits relatifs à des transactions, querelles et procès entre les chartreux et les seigneurs de Chapdes, de Bromont, de Rochebriant et d’Ambur, nous pouvons en savoir un peu plus sur le passé de la commune, depuis 1219 (fondation de la Chartreuse de Port Sainte Marie), jusqu’à la destruction de cette Chartreuse à la Révolution. Ainsi on peut affirmer l’existence d’un seigneur Raoul, baron d’Ambur, qui habitait le château d’Ambur vers 1245. En 1304, Briam de la Roche, ayant fait un beau mariage et devenant très puissant, a tenu à se distinguer des autres De La Roche, nombreux en Auvergne : il devient le Vicomte de Roche-Briam, orthographié par la suite Rochebriant. On apprend ainsi qu’au promontoire de Rochebriant (situé au dessus du village actuel de Boisse), il y avait auparavant un beau château, lequel château, avec le château d’Ambur et ses terres, devinrent en l’an 1332 possession de la noble famille De Gimel, originaire de Gimel (entre Tulle et Brive), qui acquit ainsi le droit au titre de baron d’Ambur et de vicomte de Rochebriant…

L’histoire du château d’Ambur

Le « bon duc » Louis II de Bourbon – Illustration dans l’ « Armorial d’Auvergne » de Guillaume Revel (1450)

Le château était situé sur une éminence, à environ 1 km au nord du bourg, près du village des Berthons. Sa date de construction nous est inconnue. Son histoire ne commence donc qu’en 1332, quand le seigneur de Gimel donne la forteresse d’Ambur à son fils.

En 1374, le château abrite environ 200 personnes, essentiellement des routiers des Grandes Compagnies au service des Anglais pendant la guerre de Cent Ans (à la fois soldats, soudards et pillards), qui se mettent ainsi à l’abri de la justice… et des autres routiers !
En juin / juillet 1376, le duc Louis II de Bourbon, qui veut reprendre aux Anglais les forteresses d’Auvergne, dont les châteaux d’Ambur et de Rochebriant, affronte les routiers au lieu-dit « Barge » ; on dénombre une vingtaine de morts ; leurs huit chefs sont emprisonnés au château : juste retour des choses !
Le château resta debout jusqu’à la Révolution, où il fut définitivement détruit. Il n’en subsiste que quelques pans de murs au milieu des broussailles.

Historique de l’église St Jacques

Façade occidentale : portail en plein cintre, surmonté d’une « rose » (fenêtre ronde).
Mgr François de la Rochefoucauld (1558-1645)

Le village faisait jadis partie de la paroisse de Miremont, mais en 1598, à la suite d’une épidémie qui avait décimé le village de St Jacques, elle en fut séparée, sur démarche de François de Gimel, seigneur et baron d’Ambur, Rochebriant et Chapdes, et par sentence de Mgr François de la Rochefoucauld, évêque de Clermont et futur cardinal, et de Jehan de Cistel, seigneur de La Garde et de Montglandier, chanoine de la cathédrale de Clermont.

St Barthélémy, second patron de l’église.

Le 25 novembre 1832, les membres du conseil de fabrique décident la construction d’une nouvelle église, car l’ancienne était en ruines.

Le 28 août 1838, cette nouvelle église, imitant le style roman, est bénie et placée sous l’invocation de St Jacques le Majeur, apôtre, premier patron, et de St Barthélémy, apôtre, second patron, et sous la protection de la Très Sainte Vierge Marie.

L’église fait l’objet d’une première restauration en 1865. 

 

Extérieur de l’église

La « rose » au dessus du portail d’entrée, vue de l’intérieur

La façade occidentale (à gauche de la photo ci-contre), encadrée par deux contreforts, s’élève sur deux niveaux ; le premier est percé d’un portail en plein cintre et le deuxième d’une « rose » (aujourd’hui, on l’appellerait un hublot…) 
Au sud, la façade (à droite de la photo) est divisée en quatre travées alternant des baies en plein cintre et des contreforts. Le bras sud du faux-transept est composé de deux baies en plein cintre ; un contrefort les sépare. Enfin, une petite baie et un contrefort terminent le mur sud de la nef. La façade nord est symétrique de la façade sud ; toutefois, un bâtiment annexe est accolé au bras du faux transept, il est percé d’une porte et de deux petites fenêtres.

Tour clocher

La tour clocher carrée, surplombant le chevet, est percée sur sa façade sud (à gauche sur la photo ci-contre) d’une fenêtre au premier niveau, puis d’une baie au deuxième, et d’une baie géminée au troisième.
La face est de la tour clocher (à droite sur la photo) forme un chevet plat ; elle est percée d’une baie en plein cintre surmontée d’une baie géminée.
La face ouest de la tour clocher est percée au troisième niveau d’une baie géminée garnie d’abat-sons.

Les toits de la nef et du faux transept sont en bâtière (c’est à dire en forme d’accent circonflexe, ou d’un V renversé ; pour s’en souvenir, penser à la forme du bât sur un âne bâté…) ; la toiture de la tour clocher est à pavillon (c’est à dire en forme de pyramide à base carrée). Particularité remarquable : la couverture de la nef est en tuiles mécaniques, alors que la couverture du clocher est en ardoises.

Nef. Remarquer les doubles arcades en plein cintre qui séparent la nef des chapelles latérales.

Intérieur de l’église
La nef est voûtée d’un berceau en plein cintre. Le chœur, de forme rectangulaire, se termine par un chevet plat. Il est également voûté d’un berceau en plein cintre. Il est entouré de belles boiseries, et au fond se trouve un grand crucifix sur fond rouge, témoignage poignant du supplice et de la mort du Sauveur. Chacun des bras du faux transept est séparé de la croisée du transept par deux arcades en plein cintre. Deux statues décorent l’entrée du chœur : à gauche, Notre Dame de Lourdes ; à droite : St Jacques le Majeur, tenant un livre et une coquille.

Chœur rectangulaire et maître-autel. Statues de N.-D. de Lourdes à gauche, de St Jacques le Majeur à droite.

Le maître-autel, acheté en 1866, se compose de cinq arceaux avec colonnes, dont chacun est décoré d’une petite statue en pierre représentant (de gauche à droite sur la photo ci-contre) : St Luc (avec un bœuf), St Matthieu (avec un ange), Jésus Sauveur, St Jean (avec un aigle) et St Marc (avec un lion) ; sur les faces latérales se trouvent les statues de St Paul (côté gauche, avec une épée) et St Pierre (côté droit, avec une clef).

Chapelle côté droit (Sud)

 

Les chapelles dans les bras du faux transept sont voûtées d’arêtes.

Ci-contre la chapelle de droite, avec trois statues  décorant l’autel (de gauche à droite) : Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face (également appelée Ste Thérèse de Lisieux), St Joseph portant l’Enfant Jésus dans ses bras, St Antoine de Padoue, habillé de la robe de bure des franciscains, portant également l’enfant Jésus dans ses bras.

 

Chapelle côté gauche (Nord)
Vierge à l’Enfant

Photo ci-contre : la chapelle de gauche, avec les statues (de gauche à droite) : St Jacques le Majeur, Vierge à l’Enfant dans une niche en marbre encastrée dans un portique également en marbre, Ste Bernadette de Lourdes.

À droite : détail de la statue de la Vierge à l’Enfant, d’une facture assez naïve. La Vierge porte une couronne et le tissu bleu de sa robe est décoré de fleurs de lys stylisées, symbole de royauté (dans notre pays) ; la chevelure abondante de l’Enfant Jésus ne correspond guère à son âge.

St Jacques le Majeur

Jacques le Majeur est couramment appelé « Jacques fils de Zébédée » dans les Évangiles, pour le distinguer de « Jacques fils d’Alphée », dit Jacques le Mineur. C’est un juif de Galilée et l’un des douze apôtres de Jésus-Christ. Il est le frère de l’apôtre Jean, « le disciple que Jésus aimait » et auteur de l’ « Évangile selon St Jean ». Le plus ancien des quatre Évangiles, celui de St Marc, présente les deux frères comme des pêcheurs du lac de Tibériade, qui abandonnent instantanément leur barque et leurs filets pour suivre Jésus, épisode repris par St Matthieu et St Luc.

Jésus les surnommera ensuite « Boanerguès », ce qui veut dire « Fils du tonnerre » (Mc 3,17).

Statue de St Jacques le Majeur, avec une coquille à ses pieds – Eglise de St Jacques d’Ambur, chapelle de gauche.

Avec Pierre et son frère André, Jacques est donc l’un des tout premiers disciples de Jésus, et l’un des plus proches. La tradition synoptique en fait un des trois principaux apôtres puisqu’il est choisi, avec Pierre et Jean, comme témoin d’événements fondamentaux tels que le retour à la vie de la fille d’un chef de synagogue, la Transfiguration, ou l’agonie de Jésus à Gethsémani. Cependant il abandonne Jésus quand celui-ci est arrêté, comme presque tous les autres apôtres… Jacques est également cité parmi les disciples qui se trouvent dans la chambre haute lors de la Pentecôte (Ac 1,13-2,4).

Sa mort est rapportée sèchement dans le Nouveau Testament : «[Hérode] supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter» (Ac 12,2), peu avant l’arrestation de Pierre. Il est ainsi le premier des apôtres à recevoir la couronne du martyre.

Cadix : la Nouvelle Cathédrale, chef d’oeuvre d’art classique et baroque.

Une tradition probablement légendaire nous donne plus de détails sur la vie de St Jacques avant son exécution : pendant quatre ans, il serait parti avec quelques disciples pour l’Espagne, et plus particulièrement vers la cité de Gadès (l’actuelle Cadix, port situé au bord de l’océan Atlantique, au sud de la péninsule ibérique), où le travail d’évangélisation rencontra de multiples obstacles et difficultés. Selon une tradition chrétienne transmise par les « Catalogues apostoliques », textes apocryphes grecs rédigés au VII° siècle et remaniés en latin dans le « Breviarium Apostolorum » (« l’abrégé » ou « bréviaire des Apôtres »), il ne réussit à convertir que neuf disciples.

Après un voyage de six mois à Rome où il fut brièvement emprisonné, il revint à Gadès. Le nombre de disciples y avait notablement augmenté à la suite d’une vague d’immigration. Jacques poursuivit son apostolat à Cæsaraugusta (l’actuelle Saragosse), où il obtint des conversions massives. Il continua son évangélisation en Galice, se dirigeant vers Compostelle (mot qui se traduit en français : « Champ d’étoiles »).

À la suite d’une nouvelle persécution à Jérusalem, Jacques retourna vers cette ville avec sept disciples, pour soutenir la communauté de croyants. C’est à cette occasion, selon la « Légende dorée » (ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266 par le Bienheureux Jacques de Voragine, dominicain et archevêque de Gênes), qu’il aurait affronté et converti le magicien Hermogène. Il fut tué « par l’épée » dans un endroit inconnu de Palestine, et son exécution provoqua un soulèvement populaire. Ses dépouilles furent retenues par les persécuteurs. Selon les « Catalogues Apostoliques », le lieu d’inhumation de St Jacques fut l’Achaia Marmarica (expression grecque qu’on interprète comme la Marmarique, région située à cheval sur la frontière entre l’Egypte et la Lybie actuelles). Il s’agit probablement d’une confusion avec l’inhumation de St Jacques le Mineur, dont la tradition mentionne qu’il fut crucifié en Basse-Égypte, lieu qui aurait été déformé dans la traduction latine en « arca marmorica », signifiant « tombeau de marbre ». Or la colline dominant Compostelle, où le moine Pélage trouva vers 813 le prétendu tombeau de St Jacques le Majeur, s’appelait « Arcis marmoricis ».

Au bout du chemin de St Jacques : la cathédrale St Jacques de Compostelle (au nord-ouest de l’Espagne).
Un pèlerin particulier : notre diacre José Alvès est venu avec son épouse, devant la statue de St Jacques, en l’église de St Jacques d’Ambur, pour faire bénir son prochain départ en pèlerinage vers St Jacques de Compostelle !

C’est de cette probable confusion que viennent la dévotion et le pèlerinage à St Jacques de Compostelle.

⇒ Pour en savoir plus sur St Jacques d’Ambur : visitez le site Internet de la commune, dont nous avons repris de nombreuses informations historiques ; et un autre site très intéressant sur la commune.