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St BARD (Condat)

Chapelle St Mamert

 

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La chapelle du village de St Bard, située dans la commune de Condat en Combraille, est le cadre d’un pèlerinage annuel le 11 mai, en l’honneur son saint patron, St Mamert.

Historique

St Mamert – Statue ancienne en bois, dans la chapelle de St Bard.

C’est dans les années 450 que Mamert, évêque de Vienne (aujourd’hui dans le département de l’Isère), vint dans la région qui correspond aujourd’hui à St Bard. Il en fut proclamé le patron après avoir été bien accueilli par les villageois (ce qui sous-entend que ce n’était peut-être pas le cas partout…). La tradition rapporte qu’en l’an 469, alors qu’il célébrait la messe de la vigile pascale, un incendie se déclara, et que le saint évêque demeura ferme à l’autel. Après de ferventes prières, le feu cessa d’un seul coup.

St Mamert est aussi le saint patron de l’église voisine du Montel de Gelat, indice qui confirme sa venue dans la région.

⇒ Utile à savoir en ces temps de dérèglement climatique : St Mamert est le premier des Saints de glace, suivi de St Pancrace (le 12 mai) et de St Servais (le 13 mai).

La chapelle de St Bard, nichée au cœur de la campagne et posée dans le paysage depuis des siècles, est un vestige d’une époque où la religion chrétienne s’imposait naturellement. Le bâtiment actuel, le dernier reconstruit, est malgré tout assez récent : sur le fronton, l’inscription « 1867 » indique l’année de son édification. Pourtant son histoire remonte à fort longtemps, si l’on fait référence à St Mamert. À l’origine, la chapelle était située à quelques centaines de mètres de son emplacement actuel, entre les villages de La Gourange et de Peuvier, dans un petit monastère aujourd’hui disparu. Elle a été déplacée et reconstruite une première fois sur le site actuel de St Bard. Après bien des années, le bâtiment s’est effondré, avant d’être relevé donc en 1867.

La cloche fut bénie par le curé de Condat en Combraille en 1725 ; en 1753, elle fut refondue et augmentée de 10 kg.

Nous découvrons ainsi l’importance des cloches dans nos villages ; notre archevêque émérite, Mgr Hippolyte Simon, ne disait-il pas qu’il fallait faire sonner les cloches, les plus modestes soient-elles, pour inviter à la rencontre et à la prière…

⇒ Intéressons-nous à l’origine des cloches :
La cloche (du mot celtique « clocca », passé dans le latin où il a supplanté « signum ») est, selon le journal « La Croix » du 2 janvier 2009, l’un des plus anciens instruments sonores. Elle a dû apparaître dès le moment où, grâce à l’usage du feu, l’homme a pu suffisamment maîtriser la technique de la poterie d’argile pour fabriquer des vases « sonores par résonance ». Les plus anciennes cloches en métal datent de l’âge du bronze (entre 3000 et 1000 avant J.-C. environ).

Un clocher à cloches multiples, ce qui permet d’offrir aux auditeurs un concert de carillons ! (image d’illustration n’ayant rien à voir avec St Bard…)

C’est à partir du V° siècle après J.-C. que la cloche apparaît en Gaule pour rythmer la vie quotidienne dans les monastères, à la place du simandre (plaque de bois frappée avec un maillet). Les cloches se généralisent dans les églises à partir de Charlemagne (IX° siècle), mais il faudra attendre le XIII° siècle pour que les progrès de la technique permettent d’en fondre de grande taille : ainsi le bourdon de la cathédrale de Reims, fondu en 1570, qui pèse 11,5 tonnes.

Le « Rational » médiéval de Guillaume Durand (évêque de Mende au XIII° siècle) associe la dureté du métal à la force du prêcheur. La percussion du battant rappelle que le prédicateur doit se frapper lui-même pour se corriger… De plus le joug (pièce de bois horizontale qui supporte l’instrument) évoque le bois de la croix du Christ, tandis que la corde qui lui est attachée symbolise la juste compréhension des Écritures qui découle du mystère de la croix.

Qu’en est-il aujourd’hui ? La cloche est pour l’Église une personne qui convoque et qui appelle pour réunir la communauté en vue de la prière. C’est pour cela que les cloches sont baptisées, comme est baptisée une personne. Elles sont trempées dans la vie du Christ pour rassembler les brebis de la communauté comme les brebis dispersées. Elles sonnent en effet dans un campanile à l’extérieur de l’édifice, pour offrir leur son à qui veut prêter l’oreille, aussi bien la brebis familière de l’enclos que la brebis errante. En somme, muettes de paroles, elles font signe de manière libre et respectueuse de toute liberté humaine. La cloche, dans son rôle symbolique, propose le rassemblement sans s’imposer. C’est une belle image de Jésus parcourant maisons, villes et villages, offrant sa parole.

Architecture et mobilier

La chapelle  se compose d’une nef unique, se terminant par un chevet semi-circulaire.

La chapelle pendant la messe en plein air.

La façade principale à mur pignon est percée d’une porte encadrée de voussure ; l’ensemble est surmonté d’un petit édicule percé d’une unique baie campanaire (c’est à dire abritant une cloche). La couverture de la chapelle est à double pente. Chaque mur latéral est percé d’une baie en plein cintre.

L’autel à l’intérieur de la chapelle, entouré de statues : St Mamert, Ste Marie, St Roch.

⇐ Ci-contre la statue de l’évêque St Mamert, qui participe à la procession du 11 mai.

 

 

 

Messe en plein air en l’honneur de St Mamert.

Fête de St Mamert

Placé devant l’autel, un petit tonnelet de vin, symbole des produits de l’agriculture, qui sera béni à la fin de la messe.

Le jour de la fête (le 11 mai ou le dimanche à l’octave), de nombreux fidèles se rassemblent pour participer à la messe qui se tient en plein air, faute de place à l’intérieur.

Des bancs sont installés à l’ombre pour accueillir villageois et touristes, venus se recueillir avant de participer à la procession où la statue de St Mamert est portée jusqu’à une croix voisine, accompagnée de chants religieux et priants ; là, le prêtre prononce une prière de bénédiction des récoltes et des autres produits de l’agriculture.

La croix en tête de la procession.
La statue de St Mamert, en bonne place dans la procession.

Une fois la statue ramenée dans la chapelle, les participants partagent un moment de convivialité, autour du vin béni et de pâtisseries offertes par les habitants du secteur.

 

Qui était St Bard, qui a donné son nom au village ?

St Ybard – gravure du XVII° siècle.

Il s’agit de St Eparchius, moine du VI° siècle, né près de Périgueux, mais qui a passé 39 ans de sa vie dans une grotte, près d’Angoulême (dans le département actuel de la Charente).

Son nom latin a été francisé en St Ybars ou Ybard. Plusieurs localités portent son nom, plus ou moins déformé : St Ybard en Corrèze (près d’Uzerche, donc pas très loin de Périgueux), St Ybars en Ariège (au sud de Toulouse), St Cybard en Charente et en Dordogne, St Bard en Creuse et dans le Puy de Dôme.

Les habitants de St Bard en Creuse pensent que St Ybard serait venu chez eux pour évangéliser la région, alors que les Charentais n’imaginent même pas qu’un aussi saint ermite ait pu s’éloigner de sa grotte, quel que soit le motif ! Mais il est possible que les Creusois et les Auvergnats aient fait un amalgame (et donc une confusion) avec Eparchius (ou Barthius), évêque de Clermont de 462 à 471, que l’historien Grégoire de Tours décrit comme un saint homme, mais qui n’a jamais été canonisé… Remarquons que les dates d’épiscopat d’Eparchius de Clermont coïncident avec l’époque de la venue de St Mamert dans notre région.

Cliquez ici ⇒ pour en savoir plus sur St Bard ou Ybard ou Cybard.