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Chapelle de BANSON

 

Banson est un village de la commune de Gelles, situé à une altitude de 920 à 950 m, au pied du Puy de Banson (point culminant de la commune : 1040 m).

À Banson, une mine de plomb argentifère a été concédée au Sieur Meusnier en 1861 ; elle a été exploitée jusqu’en 1879.

Banson possède une chapelle (actuellement privée), et sur son territoire s’est aussi élevé un château fort.

Les rogations

St Mamert (statue en bois peint, XVIII° siècle, église du Montel de Gelat)

Chaque année, une messe est célébrée à la chapelle, dans les trois jours qui précèdent le jeudi de l’Ascension, pour les rogations. Qu’est-ce que les rogations ? Ce sont des prières publiques dont le but est d’attirer les bénédictions de Dieu sur les biens de la terre. La cérémonie des rogations est très ancienne, elle fut instituée en Gaule au V° siècle, par Saint Mamert, évêque de Vienne (en Dauphiné), afin d’obtenir la fin de calamités climatiques (inondations, sécheresse…) et naturelles (tremblements de terre…) qui menaçaient périodiquement la région à cette époque. Saint Mamert ordonna un jeûne de trois jours, et institua des litanies et des processions : les calamités cessèrent rapidement. Le récit de l’institution des rogations par Saint Mamert nous est connu par une homélie de Saint Avit, successeur de Saint Mamert à la tête de l’évêché de Vienne.
Au IX° siècle, les rogations furent étendues à l’Église Universelle par le pape Léon III.

A Banson, la messe des rogations est suivie d’une bénédiction des produits des cultures et de l’élevage, puis d’un temps de rencontre et de convivialité à l’extérieur de la chapelle.

Architecture de la chapelle

Cette chapelle est construite selon un plan allongé, constitué d’une nef bordée au nord d’une petite chapelle secondaire, et aboutit à un chevet plat.

Le mur-clocher ; au sommet, la baie campanaire.

Le mur-clocher de l’édifice ne permet pas d’entrer dans la nef. Il est percé d’un oculus et surmonté de deux baies géminées. Une baie campanaire (c’est à dire abritant la cloche) surplombe cette façade.

L’ensemble de l’édifice est couvert d’un toit à double pente ; le chœur est couvert d’un toit en croupe. Les murs latéraux sont percés de baies et accolés de contreforts.

A l’intérieur, la nef de l’édifice est couverte d’une voûte en berceau cintré, tout comme la chapelle nord qui la jouxte. Le chœur, pour sa part, est couvert d’une voûte brisée.

Intérieur de la chapelle : nef et chœur.

Époques et styles de cette chapelle : XII°, XIII°, XIV°, XVIII° et XIX° siècles.

La première mention que l’on possède de cette chapelle remonte au XII° siècle. Elle apparaît dans une donation d’Aymon de Rochefort à l’abbaye de Saint-Alyre (sise à Clermont). On ne peut affirmer avec certitude qu’il s’agissait alors de la chapelle castrale de la famille des Banson. De cette période, il semble ne subsister que le chœur de l’édifice.
C’est peu après, au XIII° siècle, qu’une chapelle latérale est adossée au mur gouttereau nord du chœur. La nef est ensuite reconstruite au XIV° siècle.
La façade de la chapelle semble avoir été modifiée à l’époque moderne. Au XIX° siècle, la chapelle est une nouvelle fois modifiée : charpente et couverture sont refaites, la baie surplombant la façade est percée.

Au XVII° siècle, on trouve une mention manuscrite de sépultures d’enfants dans la nef de la chapelle.

Le château et ses propriétaires

Le village de Banson était le siège d’une seigneurie médiévale, mentionnée dès la fin du XII° siècle. Le château fort, implanté à 500 m environ au nord-est du village, donc à côté de la chapelle, comportait une enceinte flanquée de quatre tours circulaires et un fossé.

Le « bon duc » Louis II de Bourbon – Illustration dans l’ « Armorial d’Auvergne » de Guillaume Revel (1450)

En 1360, le château de Banson est conquis par les routiers des « Grandes Compagnies » (bandes de mercenaires, soudards et pillards au service des anglais pendant la guerre de Cent ans). Il sert ensuite de repaire à des brigands avant d’être repris en 1375 par Louis II de Bourbon, dit « le Bon Duc », beau-frère du roi Charles V et oncle du roi Charles VI, qui s’illustrera également en reprenant aux routiers le château d’Ambur à St Jacques d’Ambur.

Au siècle suivant, Érard de Banson n’a eu de son épouse Alix qu’un seul fils, Louis de Banson, entré dans les ordres à l’abbaye de Mozac, donc sans espoir de descendance. Aussi, par acte du 28 octobre 1434, préfère-t-il léguer le fief et le château à son parent Guillaume d’Aubusson dit « Carados », seigneur de La Borne (aujourd’hui commune de St Michel de Veisse, en Creuse), à charge pour ce dernier de relever les « armes » (c’est à dire les armoiries) et le nom de Banson.

Louis d’Aubusson, fils de Guillaume « Carados », seigneur de Banson, fut échanson du roi Louis XI. Son fils Jacques d’Aubusson, seigneur de Banson, fut ambassadeur du roi Henri II en Allemagne, puis se retira en son château de Banson, où il périt tragiquement, assassiné par deux de ses domestiques en 1554.

En 1674, François d’Aubusson, descendant des précédents, écuyer, seigneur de Banson, de la Malerie, de Cébazat, etc. habite le château de Banson ; il a servi dans les mousquetaires du roi Louis XIV ; il est alors capitaine d’une compagnie d’infanterie dans le régiment de Champagne (à l’époque on disait « Champaigne »). Ses descendants conserveront  le château jusqu’en 1789.

En 1669, le château possédait quatre tours avec leurs mâchicoulis. Deux tours cylindriques arasées (voir photo ci-dessus) ainsi qu’une salle basse sont aujourd’hui les seuls vestiges d’une enceinte quadrangulaire à flanquements circulaires d’angle. Le logis seigneurial a été profondément remanié au XVIII° siècle, pour devenir une « maison de maître » ; toutefois, une porte datée de 1575 a été conservée.