Agenda

mai 2019
LMMJVSD
   1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31   
« Avr   Juin »
  • Pas d'événement aujourd'hui
Paroisse > Nos églises > Fernoël

 

Eglise paroissiale actuelle, avec son clocher pignon

FERNOËL

ÉGLISE ST PARDOUX

 

Fernoël est un charmant village auvergnat, à la limite du département de la  Creuse.

Ses habitants se nomment les Fernoëlois et Fernoëloises.

Fernoël (du latin « Farnus » = Frêne), c’est avant tout le pays des étangs, puisqu’on en dénombre pas moins d’une trentaine, qui égrènent leurs étendues d’eau parfois cachées derrière un bois ou au détour d’un chemin… Ce village fait déjà partie du pays des mille et un étangs de Haute Marche et Combrailles. En parcourant la campagne verdoyante, accueillante, on retrouve une atmosphère de plénitude, comme dans le film « Tous les matins du monde » (tourné à Rougnat, en Creuse).

Ce qui fait le charme de Fernoël, c’est l’image nostalgique du petit village comme on les aime, avec ses maisons et ses fermes alignées le long des trois rues du bourg.

Située à 800 mètres d’altitude, la commune est traversée par les ruisseaux de Chaize et de la Quérade ; elle compte 133 habitants, répartis entre le bourg et dix hameaux isolés très peu peuplés : Roure, Chez Poulet, Faussonnières, Chaumes, la Chaize Haute et Basse, Barges, les Chaux, Villevassoux, les Gardes.

On voit les pierres plates installées là depuis près de 2000 ans qui, par endroit affleurent sous la terre.

Si Fernoël a une origine médiévale, la voie romaine d’Agrippa  (Via Agrippa), construite sous l’impulsion du général Marcus Vipsanius Agrippa (gendre de l’empereur Auguste), rappelle l’histoire bimillénaire du secteur. Sur la portion qui traverse la commune, on a en effet retrouvé un des tronçons les mieux conservés de cette grande voie de circulation entre Lugdunum (Lyon) et Mediolanum Santonum (Saintes) par Foro Segusiavorum (Feurs), Augustonemetum (Clermont) et Augustoritum (Limoges).
Lors d’une fouille effectuée il y a près de 20 ans, les archéologues ont retrouvé des vestiges intacts, dont les photos servent parfois d’illustration sur le sujet dans des revues spécialisées.
De l’autre côté de la limite du département, en Creuse, un bout de chemin dans le bois d’Urbe présente un intérêt particulier : les vestiges d’une voie romaine secondaire qui allait vers Acitodunum (Ahun) et Argentomagus (Argenton sur Creuse).
Au bout de quelques centaines de mètres d’un chemin de terre partant du carrefour d’Urbe, la pierre se retrouve en surface. Une belle lignée de pierres plates traverse le chemin : ce sont les pierres de bordures installées là depuis près de 2.000 ans par les « Ponts et Chaussées de l’administration romaine en Gaule ». Très visibles, ces pierres délimitent un cailloutis probablement d’origine.
À partir de ce point, le chemin suit le tracé originel de cette voie romaine sur une longue distance dans la traversée du bois d’Urbe. Regarder où on met les pieds peut réserver des surprises !

Histoire de l’église paroissiale

Fernoël s’enorgueillissait jadis, au XII° siècle, d’un château qui possédait sa propre chapelle, dédiée à St Patrocle de Bourges.

Croix sous le cimetière, à l’emplacement présumé de l’ancienne église de Gorces.

L’église paroissiale était alors l’église de GORCES, près du cimetière actuel ; elle est citée dans une bulle de 1165 avec l’église-mère de Giat dont elle dépendait. Elle fut construite par des moines bénédictins (= de l’ordre de St Benoît). Elle était dédiée à St Pardoux, dont elle possédait des reliques.

Mais cette église de Gorces fut jugée vétuste par Gilbert de Verny d’Arbouze, évêque de Clermont, qui ordonna en 1668 sa « remise en état aux dépens des habitants de Fernoël » (c’est à dire qu’ils devaient en payer les dépenses ! ). La restauration ne fut pas suivie d’effet, et l’évêque Jean-Baptiste Massillon décida sa fermeture, le 2 mai 1729. Il en subsiste une croix à son emplacement supposé, au bas du cimetière.

Fontaine de St Pardoux, près de l’emplacement de l’ancienne église de Gorces, qui a complètement disparu.

Cette église vivait au doux murmure de la fontaine de son saint patron, qui existe encore,  en contre-bas du cimetière.

Pour remplacer l’ex-église paroissiale, on décida alors de réutiliser la chapelle de l’ancien château féodal des Comtes d’Auvergne, château dont il ne subsiste que quelques pierres. Du plus haut point de la colline, cette église dominait la communauté ; mais au XX° siècle, elle a été à son tour dominée par le château d’eau. Sic transit gloria mundi…

Eglise paroissiale actuelle, dominée par le château d’eau dont on voit l’ombre (à droite de la photo). Forme trapue et ramassée, épaisseur des murs et des contreforts : l’église protège les fidèles des dangers (et des tentations) du monde extérieur… – Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Le saint patron de la chapelle du château féodal était donc St Patrocle de Bourges, ermite dans le Berry et le Bourbonnais (vers 496 – 576) : un chercheur de Dieu. Quand sa mère lui proposa de se marier : « Je t’ai trouvé la plus belle fille du pays », il répondit: « Laissons cette beauté faire le bonheur des autres et permettez-moi de suivre ma vocation. » Il devint alors clerc du diocèse de Bourges, mais comme il ne pouvait partager le repas commun parce qu’il jeûnait sans cesse, il alla s’établir à Néris les Bains. Il ouvrit une école et une église, mais il partit à nouveau à cause du nombre de ceux qui venaient le voir et le distrayaient dans sa vie contemplative. Il alla s’enfouir dans la forêt de Colombier (près de Commentry), pour rester uni à Dieu.
Ainsi, quand la chapelle du château devint église paroissiale en 1729, elle abandonna son patron initial, St Patrocle, au profit de St Pardoux…

 

Qui était St Pardoux ?

Au Mont de Sardent naquit, vers 657, Pardulphe qui devint par la suite Pardoux. Sa biographie a été écrite peu après sa mort et nous est parvenue par une copie du X° siècle.

St Pardoux, avec sa crosse et sa mitre d’abbé « ayant rang d’évêque ». Statue dans l’église de Fernoël – Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Pardoux est le fils d’agriculteurs très croyants. Dès son enfance il se fait remarquer par sa douceur, son humilité et sa grande piété ; il garde le troupeau mais une branche de châtaignier lui tombe sur la tête et il perd la vue. Il trouve sa consolation en Dieu. Devenu adulte, il vit en ermite, partageant son temps entre la prière et la contemplation des divins mystères. Il reçoit des visiteurs qui apportent des offrandes ou implorent une guérison. Pardoux a le don de guérir les malades en leur imposant les mains ou en leur faisant une onction d’huile bénite, et même d’expulser les démons des possédés.

Lanctarius (Lanctaire), comte de Limoges, fonde un monastère dédié à St Pierre et St Paul, à Garactum (Guéret), vers 687 ; il en confie la direction à Pardoux. Celui-ci poursuit son action bienfaitrice, tout en s’imposant de grandes austérités. En 732, les Sarrasins refluent après avoir été vaincus par Charles Martel à la bataille de Poitiers ; par sa prière, Pardoux les détourne du monastère. Il meurt le dimanche 6 octobre 737 ; on le fêtera donc le 6 octobre (ou le dimanche le plus voisin). Il est enterré dans une église de Guéret qui sera ensuite renommée « St Pardoux ». En octobre 1937, l’évêque d’Angoulême célèbre le douzième centenaire de sa mort.

Statue de St Pardoux dans la chapelle d’Etricor

Sa vie de berger et de guérisseur encourage les dévotions à la fois pour les malades et pour les troupeaux.

Il est particulièrement honoré à Étricor, ancien prieuré de l’ordre de Grandmont situé sur la commune d’Étagnac, maintenant en Charente, mais qui se trouvait autrefois dans le diocèse de Limoges. Le pèlerinage du jour de la fête se poursuit au XXI° siècle, en présence de sa statue. St Pardoux apparaît à la fois comme un saint guérisseur et un saint protecteur, en mémoire des miracles accomplis durant sa vie terrestre ; il apporte le réconfort dans la vie rurale, si difficile de nos jours.

L’hymne à St Pardoux, telle qu’elle est chantée aujourd’hui, date du XX° siècle :

Saint Pardoux, ô notre bon père

De ton bras nous venons implorer le secours,

Garde notre bétail, entends notre prière

Et soutiens tes enfants, toujours.

 

Décoration intérieure de l’église

(cliquer sur les images pour les agrandir, puis cliquer sur le signe  pour zoomer)

Ci-contre une vue de l’exceptionnel chœur de cette église. Remarquer notamment :

Fresque de la voûte : le personnage représente symboliquement la Sainte Trinité rayonnant sur le monde, comme en un ostensoir.

Récemment, la restauration de l’édifice a permis de mettre à jour de magnifiques fresques du XVIII° siècle, peintes par un artiste italien inconnu, et qui donnent au chœur un aspect original et remarquable (voir ci-contre et ci-dessous).

⇒ Cliquer sur les images pour les agrandir ; puis cliquer sur le signe  pour zoomer.

Les personnages des fresques ci-dessous sont les quatre évangélistes, représentés tous les quatre avec une plume, un livre ou un rouleau de papier, qui rappelle leur travail d’écriture de leur Évangile et leur annonce de la Bonne Nouvelle :

St Jean – St Marc
St Matthieu – St Luc

 

 

 

 

 

 

Statues, vitraux et autres éléments de mobilier

 

« Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » (paroles de Jésus, Evangile selon St Marc, chapitre 9, verset 37)
Vitrail de l’église St Pardoux de Fernoël
Statue de Notre Dame des Victoires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Baptistère ; à l’arrière plan, deux anges sont là pour porter la Lumière de Dieu au nouveau baptisé ; à droite, le cierge pascal.

⇐ 5° station du chemin de croix : Jésus repart, chargé de sa lourde croix, après sa première chute ; un passant, nommé Simon de Cyrène, est réquisitionné pour l’aider. En hommage à toutes celles et tous ceux qui sont appelés, d’une manière ou d’une autre, à prendre leur part des souffrances de l’humanité portées par le Christ…